Obsolescence programmée dans les chaussures de trail ?

Skechers Gobionic Trail exploséesJe suis en pleine série noire en ce qui concerne mes chaussures de trail. Elles sont toutes trouées après quelques centaines de kilomètres.

  • Ça a commencé avec les Skechers Go Bionic Trail qui se sont trouées au bout de 215 kilomètres et que j’ai du jeter peu après car elles étaient complètement déchirées tout le long de la semelle. le tissus qui a craqué est un genre de jersey / tricot.Skechers Gobionic Trail explosées
  • Il y a ensuite les  Speedcross 3 de Salomon qui se sont aussi trouées aux alentours du 200° kilomètre. Aujourd’hui elles en ont 331 kilomètres et j’hésite à continuer de les mettre. Tout rentre dedans (terre, boue, sable, eau…) et elles ne protègent plus rien de ce point de vue là. Le tissus qui a craqué est un tricot assez rigide.Salomon Speedcross 3 mesh explosé
  • Pas terrible non plus les Hoka Mafate Speed Trail. Je ne les ai pas trouées mais le tissus donnait déjà des signes de faiblesse avant que je ne les rende après avoir fait 172 kilomètres :Trou Hoka Mafate Speed
  • Pas mieux avec les Lafuma Speedtrail V300. Trouées au niveau du petit orteil après 166 kilomètres. Le tissus avait pourtant l’air assez costaud.Lafuma Speedtrail V300 trou
  • Ma dernière mauvaise surprise de cet hiver provient de mes Brooks Cascadia 10. Trouées (ou devrais-je dire éventrées ?) après 183 kilomètres. Je ne m’attendais pas à ça.

    Gros trou au niveau du petit orteil du pieds droit
    Gros trou au niveau du petit orteil du pieds droit

Hormis les Skechers que j’ai fusillé cet été, j’ai donc rencontré quasiment le même problème sur 4 paires de pompes de 4 marques différentes sur 1 seul hiver !

Causes possible de ces vieillissement précoces

  • Je coure trop sur l’avant du pied et je solliciterais donc particulièrement la pliure au niveau des orteils. Il est vrai que j’essaie d’avoir la foulée des coureurs minimalistes mais d’une part je ne suis pas sur d’y arriver si bien que ça et d’autre part cela devrait pouvoir être encaissé par des pompes normales non ?
  • L’hiver a été particulièrement boueux. Ça c’est globalement vrai, mais le trail cela ne se pratique pas dans un salon non plus hein ? Je sais que la terre est un matériaux abrasif mais dans certains cas (pour les Cascadia 10 en particulier) je n’ai presque pas rencontré de gadoue.
  • Je ne nettoie pas assez bien mes pompes après utilisation. Je pourrais sans doute mieux faire de ce coté là mais je vous assure que j’ai presque toujours lavé mes pompes lorsqu’elles étaient toutes pleine de boue.

Chaussures solides.

Vous vous dites sans doute que je suis une brute et que s’il me faut en moyenne 200 kilomètres pour exploser des pompes c’est que je n’en prend pas soin. Ce n’est pas tout à fait vrai, j’utilise encore mes premières Skechers Go Run sur route alors qu’elles en sont à 1370 kilomètres, j’ai utilisé mes Cascadia 8 pendant 924 kilomètres, les Lafuma Sky Race 2 pendant 1172 kilomètres et j’avais réussi à faire environ 500 kilomètres avec des Salomon XA PRO 3D (c’est pas énorme non plus à mon avis).

Explications sur la fragilité de ces chaussures?

  • Je n’ai pas de chance : ok pour une fois mais là ça fait beaucoup pour un phénomène qui pourrait être aléatoire. Au club, beaucoup de gars ont des Speedcross et tous (sauf un) se plaignent du même phénomène. Ce n’est donc pas un problème de chance.
  • Mauvaise utilisation du matériel. Désolé mais des pompes de trail c’est fait pour s’en servir. Certaines ont explosé sans avoir vu la boue et je les nettoie quand elles ont servi dans la gadoue.
  • Tissus structurellement fragile. Je n’ai pas l’impression que ce soit çà. Le problème apparait avec des tissus très différent d’aspect les uns les autres.
  • Fibres textiles trop fragiles. Là non plus je n’y crois pas. Normalement les tissus sont en polyamide ou en polyester. Il serait très étonnant qu’il y ait un comportement nouveau de ces fibres.
  • Des tissus trop fins. C’est peut-être une bonne explication. Peut-être que les marques de chaussures essaient de faire des chaussures les plus légères possibles et qu’elles « tirent » sur l’épaisseur du tissus.
  • Obsolescence programmée : là c’est un procès d’intention. L’obsolescence programmée est quasiment toujours indémontrable. Il est en tout cas de l’intérêt des fabricants de chaussures qu’elles ne durent pas trop longtemps pour qu’on en change plus souvent. Si c’est ça il faudrait que les gars revoient leur copies car ils sont allés trop loin dans cette direction.

Conclusion.

Pour moi, des fabricants de chaussures de trail qui savent faire leur métier devraient savoir comment choisir des mesh qui tiennent au moins 1000 kilomètres. Le problème est toujours le même, les trous apparaissent toujours au même endroit.

Par contre rien à dire sur les enduits polyuréthane qui renforcent les mesh (modèles Speedtrail V300 et Cascadia 10 notamment). Comme ils tiennent bien je me demande ce que ça donnerait une chaussure avec l’avant entièrement enduit de polyuréthane. Peut être que ce ne serait pas assez respirant ?

En parlant d’obsolescence programmées, difficile pour moi de ne pas évoquer les bas nylon. J’ai entendu dire que les premiers bas nylon étaient indestructibles et qu’une publicité montrait une femme courant pieds nus avec des bas qui ne se démaillaient pas. Après avoir sorti des bas indestructibles, Dupont de Nemours a ensuite revue sa copie de manière à transformer un marché d’équipement en marché de renouvellement. Cette histoire est développée là bas.

The Man In The White Suit par FilmGorillas
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6 commentaires


  1. Bonjour Yann
    Tout d’abord bravo pour ton blog. Il est très agréable et j’apprécie particulièrement tes tests !
    Jai comme toi fusillé une paire de cascadia 10 apres 140 km au compteur (km réels des pompes car associées systématiquement aux sorties sur Mouvescount).
    Avant ces Brooks, j’avais une paire de xodus 5… Mesh déchiré apres environ 400 bornes au dessus des gros orteils (réparé par un cordonnier avec l’ajout de deux pièce de cuir en pointe du pied… Ca fâit manouche mais ca fait le boulot !!). Enfin, avant les xodus, j’avais une paire de Trabuco qui elles aussi, se sont désintégrées apres 200 km… Mesh craqué sur l’avant du pied, à la pliure…
    Tout ça pour dire que pour moi, les Mesh de façon général ne peuvent pas tenir dans le temps… Il y a l’usure de l’effet mécanique plus ou moins rapide en fonction de la qualité et de la conception de la chaussure (pour les cascadia je pense clairement a une erreur de conception) et l’usure du au terrain…
    Je cours deux fois par semaine en montagne sur des sentiers de rando, parfois fâit de terre, d’autre de roche et je n’ai toujours pas trouver LA pompe idéale pour moi.

    Sportivement

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  2. bonjour,
    pareil de mon côté… de plus en plus déçu de la qualité des shoes… et plus c’est cher, plus c’est fragile !
    j’ai beau changer de marques, je n’ai pas encore trouvé de paires qui tiennent plus de 400 bornes… les dernières en date :
    – Nike Terra Zoom Kiger 3 : 390km -> mesh sur les côtés
    – Hoka Challenger ATR : 290km -> mesh sur le dessus + semelle en lambeau
    – Salomon Sense 3 SG : 380km -> mesh + tissu coup de pied en lambeau + quick lace coupé !
    – New Balance MT110 v2 : 190km -> mesh déchiré sur les côtés + chaussant qui se laisse aller !
    vraiment marre de claquer 100-150€ tous les 3 mois pour des speudos godasses de trail !
    je vais tenter Inov-8 Terraclaw 250…
    si entre temps vous avez trouvé une chaussure correcte… faites passer !

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  3. Salut, j’ai acheté des mafate speed hoka , mesch troué après seulement 75 km (5 sortie), oui 75km !!!!!. Histoire de mis habitué. Je cours façon « minimaliste » problèmes de dos oblige. Avant chez saucony xodus 4 et 5 même problèmes.

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  4. Même problème avec mes Mafades Speed 2 qui n’ont pas passé la barre des 250 km en deux trails, j »ai même cru que c’était ma photo qui illustrait l’article !

    Je me suis acheté des Quetchua 500.3 (elles ne sont plus au catalogue) en version été et hiver (novadry) en les comparant la réponse est plus évidente pour moi : la protection latérale de la Hoka est quasi inexistante comparée à celle de la Quetchua qui dispose d’une carapace supplémentaire (enduits polyuréthane ?) par dessus le mesh. Ok ce renfort alourdit certainement la chaussure, la rend plus rigide et même moins jolie (une grosse pièce noire) mais elles passent sans pb dans la boue, les rochers et cailloux tranchants, les ronces, le verre coupant. Bref se sont des 4 x 4 et non pas des SUV comme beaucoup de fabriquant conçoivent les chaussures de trails actuellement. Cette qualité, je l’avais sur mes premières trail Lafuma en 2010 mais depuis cette qualité de solidité tend à disparaitre. Acceptable sur des chaussures à 50 € mais pas sur des Hoka heureusement achetées avec une bonne réduc.

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  5. Bonjour je raclette les paires train (troué, boue, usée je les reprend en l’état

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  6. Je partage votre avis il est évident que les constructeurs cherchent a faire en sorte que les coureurs changent le plus souvent de chaussures possible.

    c’est un scandale, les chaussures tiennent de moins en moins longtemps, collage la ou avant c’était cousu, simple couture la où avant il y avait double piqure etc…

    Maintenant je regarde où j achete mes chaussures et je systématiquement renvoyer mes chaussures en SAV.
    les marques me changent quasi tout le temps mes chaussures.

    Je me dis que si tout le monde faisait ca, les constructeurs feraient peut etre plus attention.

    le pire d en tout ca, c’est que pour la plupart des gens c’est devenu normal d avoir des chaussures qui durent 200kms, car c’est devenu la norme.

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