Rencontres sur la TDS

Rencontres TDS

Je suis parti tout seul pour cette TDS et cela m’a permis de faire un sacré paquet de rencontres. Entre partir en équipe comme à la Maxi Race, à 2 comme pour 10 Peaks et Les Templiers, où tout seul comme pour cette TDS, je ne saurais pas choisir ce que je préfère. Cette entrée de mon blog est assez perso, elle me sert juste à fixer, comme dans un journal, les rencontres que je ne voudrais pas oublier.

  • Pour arriver à Chamonix j’ai fait un Blablacar avec Philippe. Un gars dont le métier est de monter des chevaux de course car ces chevaux doivent être montés tous les jours. Vraiment original comme boulot. Il partait à Chamonix pour une semaine d’escalade avec un guide professionnel rien que pour lui.
  • Dans la voiture, il y avait aussi Christophe qui bosse au ministère de la santé et qui allait lui aussi à Chamonix pour faire la TDS. Il prétendait ne pas être très bien préparé mais lorsque je l’ai revu, juste au sommet du col du Tricot, il avait encore des jambes et a dévalé la descente vers  Bellevue avec beaucoup de fraicheur.
  • La veille de la remise des dossards, je suis allé faire une balade au Lac Blanc et j’y ai rencontré un couple de coureur dans le téléphérique de la Flégère. Hélène m’a donné un profil plastifié de la course et j’y ai vu un signe que ça allait bien se passer. Dans le genre patte de lapin j’ai aussi récupéré un œil en verre bleu porte bonheur sur le stand d’un trail en Croatie. Avec tout ça je ne risquais pas d’abandonner.
  • Dans mon logement d’avant course (un dortoir dans un chalet avec une ambiance très cosmopolite) j’ai rencontré un anglais qui  allait faire l’UTMB. On a parlé de The Spine et il a fait le stage de préparation de l’an passé qui l’a convaincu que cette course était trop dure pour lui. Beaucoup de difficultés de navigation. Il a aussi fait du bénévolat sur The Spine et m’a parlé de Pavel, le gagnant de ces dernières années qui peut faire 4 choses en même temps (manger, parler avec les bénévoles, mettre à jour su Facebook et regarder la carte de la course). Pas rassurant pour Manu et moi mais comme on a payé, on va pas de dégonfler hein ?
  • Dans ma chambre est aussi arrivé un Breton qui était inscrit à la TDS mais qui avait du renoncer à partir à cause d’un problème à une main. On s’est bien entendu et on a mangé 3 ou 4 fois ensemble, toujours dans la même pizzeria. Il a réussi à récupérer le T Shirt de ceux qui ont payé pour la course et on ne s’est pas revu après la course.
  • Dans Chamonix la veille du départ j’ai croisé Fab qui a fini la TDS en moins de 24 heures et aussi Marc, tous les 2 du même club que moi. Ils étaient dans leur truc et on ne s’est pas attardé ensemble.
  • Dans les rues de Chamonix j’ai aussi rencontré Bjorn et sa femme. On avait fini L’Ultra Tour de Lièges avec Bjorn et j’en garde un très bon souvenir, même si le français n’est pas la langue préférée de Bjorn. Il était là pour la CCC et il l’a fini en 23 heures. Brève rencontre mais très grand plaisir. Je me souviens de la tête de Bjorn quand je me suis arrêté pendant qu’il pissait en lui disant que comme on allait finir la course ensemble c’était assez normal que je l’attende et que ça se passait comme ça dans les ultra.
  • Dans l’attente du bus qui partait à 3h30 de Chamonix vers Courmayeur, j’ai rencontré Jean Paul, un retraité de la SNCF. C’est la gars le plus local que j’ai rencontré. Il habite à Bourg Saint Maurice et la montée du passeur de Pralognan est son terrain de jeux. Il connait le nom de la fermière qui fait du fromage de chèvre au fort de La  Platte. Son fromage de chèvre est très réputé. On a beaucoup papoté jusqu’au départ et j’ai retenu que pour les longues montées, il pouvait être intéressant de trouver un rythme lent mais qui ne nécessite pas de faire de poses. On s’est revu sur une pelouse le jour de l’arrivée. Il a fini juste derrière moi et normalement c »est sa dernière TDS.
  • Dans le sas de départ j’ai été accosté par 2 Belges qui m’ont reconnu grâce à mon chapeau Thaïlandais. L’un des 2 était l’organisateur du trail des Bosses que j’ai fait cet hiver. Ils ont bien aimé le compte rendu que j’en avait fait. Je l’ai revu dans la dernière montée avant le Col du petit Saint Bernard et il avait l’air assez mal. J’espère qu’ils ont réussi à finir.
  • Au début de la première montée j’ai été abordé par Christophe avec qui on avait déjà discuté lors d’un trail des Poilus et aussi au trail des coteaux de l’Aa. Il m’a lui aussi reconnu grâce à mon chapeau. Je ne me souvenais pas très bien de lui mais on a eu des conversations très intéressantes tout le temps de la montée jusqu’au col Chavannes. Il s’est mis assez récemment au régime Paléo lui aussi et il m’a appris plein de choses intéressantes (comment s’hydrater, le rôle de la récupération, le fait que l’estomac ne ballote pas dans les montées…). Il m’a aussi parlé d’un bouquin en français sur le régime Paléo pour les athlètes qui a l’air pas mal. J’espère qu’il me mettra comme promit les références dans un commentaire.
  • Pas de rencontres dans la longuissime descente vers Bourg Saint Maurice mais juste au début de la montées après Bourg j’ai rencontré assez brièvement une anglaise qui a fini The Spine Challenger cette année. Elle habite près du départ et on se reverra surement cet hiver. Je ne me souviens plus de son prénom (il était du genre français – en fait c’est Clare Holdcroft,  nm facile à retrouver dans les 31 finishers de The Spine Challenger 2015). Elle m’a beaucoup rassuré sur la possibilité de réussir The Spine et indiqué que les bâtons n »y étaient pas une option (dalles verglacées, sondage dans les marécages…). Pour The Spine elle a fini avec 6 couches (voir son CR ici) et elle recommande de prévoir plein de vêtements chauds. On n’est pas resté longtemps ensemble, elle galérait dans la montée, j’ai cherché son temps final et elle a abandonné à La Gitte après 19h et 75 kilomètres.
  • Sur la montée vers le passeur de Pralognan j’ai revu un gars de la confrérie qui avait débuté avec nous lors de la sortie Bon Nouvel Enclus. Il en chiait et je crois qu’il a abandonné à La Platte.
  • Entre les 2 forts j’ai rencontré Martine, un fille du Var qui avançait tout doucement dans la montée mais qui ne faisait aucune pose. Moi à ce moment là je faisais le malin, je montais assez vivement et je m’offrais une petite pose allongé dans l’herbe de temps en temps. Je repartais lorsqu’elle était passée et elle m’a fait une réflexion du genre « on est au club med ici » parce que j’avais vraiment l’air détendu allongé dans l’herbe. On s’est plu et comme à un moment j’ai eu du mal à repartir je suis resté juste derrière elle, dans son petit rythme et lui ai proposé de finir la course ensemble (alors qu’on n’était même pas à mi course). Elle a accepté et on a fini la course ensemble. Je lui dois beaucoup. Son système de ne jamais faire de pose entre 2 ravitos est vraiment bien. A un moment j’étais mal et j’ai demandé de pouvoir faire une petite pose. Elle n’a rien voulu savoir et c’est seulement au ravito suivant que j’ai pu vomir et récupérer de ma nausée. Au Col du Joly, après une micro sieste je ne l’ai plus revue au ravito et me suis dit qu’elle était partie en avant. Je suis donc parti moi aussi un peu coupable de ne pas avoir mieux cherché et en ayant peur de la laisser derrière moi. A environ 1 kilomètre dans la descente j’ai entendu un message de la sono « Martine cherche Yann pour continuer la course ». Je suis aussitôt reparti en arrière, vraiment confus d’avoir pu croire qu’elle pouvait me lâcher comme ça. Elle m’a juste reproché de ne pas avoir attendu juste là où j’étais car ça ne servait à rien de remonter la forte pente. Tous les 2 on ne s’est posé aucune question, on a juste rien lâché et avancé tout le temps. Dans les descentes elle était assez facile à suivre pour moi. C’est assez étonnant mais on s’est très peu parlé, je ne sais presque rien d’une femme avec qui j’ai passé presque 20 heures, incroyable. Au sommet du col du Tricot je me suis assis 2 minutes pour envoyer un SMS à mes potes et elle est partie sans s’arrêter. J’ai eu un mal de chien à la rattraper avant Bellevue mais ensuite elle est partie juste un peu en avant sans que je ne la revoie. Personne aux Houches, je ne traine pas et ensuite je suis arrivé tout seul sous l’arche finale. Notre histoire s’est terminée aussi bizarrement qu’elle avait commencé.
  • Sur le chemin de mon hôtel après l’arrivée, j’ai rencontré un gars de Bourges qui venait lui aussi de finir la TDS. Il est tombé dans un ravin pendant la course et s’est accroché à une touffe d’herbe pour ne pas finir dans un précipice. Un autre concurrent a prévenu les secours et ils l’ont sorti du ravin avec une corde. Ses aventures ne sont pas finies car il a ensuite vu une fille tomber elle aussi dans un des nombreux précipices de la course. Il est allé prévenir les secours et n’avait pas de nouvelles du destin de la fille lorsque l’on s’est rencontré. On s’est bien entendu et je crois qu’on était aussi désolé l’un que l’autre lorsque nos chemins ont divergés.
  • Toujours sur le chemin de l’hôtel j’ai rencontré un Belge sympa et on a parlé du Mont Saint Aubert qu’il ne connaissait pas. J’espère qu’on aura l’occasion de se revoir sur un trail en Belgique.
  • Le lendemain j’ai rencontré phil62 (j’ai corrigé suite au commentaire ci dessous), un lecteur de ce blog qui débute dans le trail et qui m’a reconnu grâce à mon chapeau. Il est d’Arras, on va se revoir. On a bien sympathisé et on a aussi rencontré ensemble un  drôle de gars qui nous a parlé de méditation, de pose du pied (à plat dans les descentes) et de Dawa Sherpa qui l’emmène dans les montagnes.
  • Le vendredi j’ai passé la nuit dans la chambre d’Antoine qui était à ce moment là en train de courir l’UTMB. Antoine est un gars de mon club , que je ne connais pas bien mais avec qui je me suis bien entendu. Je l’ai rejoint quelques heures avant le départ de l’UTMB et l’ai accompagné jusque dans le sas du départ. Je me suis retrouvé dans la situation d’un accompagnateur qui se concentre sur le bien être de son concurrent. Je lui ai porté son sac, donné à mangé, donné du sel (quasiment un baptême) pour une éventuelle déshydratation et tout fait pour que son départ se passe dans la sérénité. J’ai pu observer de près ses rituels et sa concentration, c’était très émouvant pour moi. Dans le sas du départ, on est arrivé bien en avance et on s’est assis dans un petit coin à l’ombre d’un arbre. Les concurrents arrivaient en masse et j’ai pu vivre de l’intérieur l’ambiance qui précède le départ de l’UTMB. Alors que j’étais rincé par la TDS et que j’avais la veille décidé d’arrêter toutes ces conneries d’Ultra Trail, j’ai eu la larme à l’œil et j’ai décidé de tenter ma chance pour l’UTMB 2016. J’ai revu Antoine ensuite en temps que spectateur dans les rues de Chamonix. Malheureusement ce n’était pas son jour et il a été rattrapé par les barrières horaires le samedi matin.

Et voilà, je suis sur que j’en ai oublié mais il faut bien s’arrêter à un moment ou un autre… Quand même juste un mot pour un gars que je n’ai pas rencontré Olivier de Loos (pas en Gohelle) que je m’attendais à voir à Cham mais nous ne nous y sommes pas croisé.

 

5 commentaires


  1. Salut
    Desole de n avoir pu tenir la distance
    Et rester un bout de plus
    Malheureusement abbandon forcer par une insolation avec une déshydratation avancée
    Bref ma tds s est arrêtée aux urgences de bourg st Maurice

    Mais choses promises choses dues
    Le livre sur le paleo

    La nutrition paleo
    par julien venesson

    En espérant
    te recroiser sur un single
    Bonne courses

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  2. Salut Yann,

    c’est Phil62 et non pas Fred62, mais l’important c’est qu’on se revoie.
    C’est marrant mais j’aurais juré que tu connaissais le gars qui nous parlait de Dawa.

    J’ai vu passer Antoine dans la première grosse montée aux Houches et je n’ai pas manqué de l’encourager comme tu me l’avais demandé. J’ai été déçu pour lui qu’il soit rattrapé par la barrière horaire.

    A bientôt Yann

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  3. Merci pour le partage de cette magnifique aventures , je débute en Trail ( 1 er trail : trail de la cote d opale )
    j espére un jour prendre le départ d une de ces courses .
    Encore merci et bravo

    sébastien

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  4. C’est ça qui fait la richesse du trail : LES RENCONTRES ! Ton chapeau a eu, a , et aura du succès en tous cas ….. 😉

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  5. @Jay : merci. Je suis bien d’accord.
    @Seb : on a tous commencé par moins. Si tu veux tu peux.
    @phil62 : j’ai corrigé mon CR. Vraiment content de t »avoir rencontré et aussi vraiment marrant que tu ais pu croire que je connaissais ce gars. Tu as du te régaler.
    @Christophe : je suis dégoutté que tu n’ais pas réussi à finir le bazar. Comme j’avais aussi bénéficié du couple insolation/déshydratation lors de la Maxi Race, je savais que c’était un truc à éviter sur la TDS. Je crois que j’ai eu plus de bol que d’expérience.

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