[test] Lafuma Speedtrail V300

Lafuma Speedtrail V300
Lafuma Speedtrail V300

Ces chaussures de trail m’ont tapé dans l’œil surtout pour leur souplesse. On est loin des Skechers de trail mais elles sont quand même plus souple que les Speedcross 3 qui viennent  lamentablement de flancher au niveau du mesh au dessus des orteils. Voir mes Speedcross en ruine après 200 kilomètres m’a un peut énervé et même si je les aime beaucoup j’ai eu envie d’aller voir ailleurs.

Dans le magasin d’usine Lafuma de Roubaix, je suis tombé sur ces Speedtrail V300 qui m’ont fait envie. Voici les arguments que Lafuma met en avant pour ces chaussures de trail :

  • 300g ! (le point d’exclamation est de Lafuma…)
  • Légèreté
  • Accroche
  • Relance
  • Amorti
  • Semelle exclusive Vibram
  • Il existe chez Millet, la Alpine LTK Low qui partage la même semelle.

Tout ça est intéressant et voici en complément, quelques observations « statiques » de ces chaussures :

  • Bonne souplesse de la semelle, pas autant que les Skechers trail mais pas loin des Salomon Speedcross. Depuis que j’ai gouté aux Skechers, c’est toujours en tortillant les semelles dans tous les sens que je me fait ma première idée dans les magasins.
  • Semelle en Vibram. Depuis que j’ai fait plus de 1200km avec les Lafuma Sky Race 2, je sais que les semelles en Vibram c’est indestructible.
  • 2 qualité de gomme. Une gomme Vibram noire assez ferme et une gomme orange plus souple.
  • Crampons de bon aloi. Plus prononcés que ceux des Cascadia 10. J’ai hâte de les tester sur les dévers de la montagne de Wervicq.
  • Les crampons de l’avant de la chaussures sont orientés vers l’arrière pour accrocher dans les montées et ceux de l’arrière sont orientés vers l’avant pour accrocher dans les descentes.
  • Les crampons sont « creusés » sur le coté. Ils doivent bien accrocher dans les dévers glissants.
  • Semelle quasi plate avec un léger redan au niveau du talon et un talon un peu effacé comme j’aime bien pour les descentes.
  • Chaussant confortable avec un bon rembourrage au niveau du talon. Quelques coutures de renfort sur l’avant qui font peur pour les ampoules.
  • Toebox très large. Parfois difficile de lacer serré.
  • Grande impression de légèreté.
  • Mesh au dessus des orteils renforcé par une couche de polyuréthane. On dirait que ce point faible habituel des chaussures de trail a été soigné par Lafuma. Moins de renfort sur l’extérieur de la chaussure, je suis sur que c’est là que ça va flancher en premier. Le gros orteil est bien couvert mais le petit orteil me semble bien moins protégé.
  • La qualité du mesh a l’air très bonne. Pas cassant comme celui des Speedcross de  Salomon.
  • Pompe à qui le bitume ne fait pas peur. Pas de crampons fragiles et amorti au niveau du talon.
  • Laçage classique avec lacets tressés et pochette pour ranger la boucle dans la languette de la chaussure. Lacets plat assez fin. Le système de double laçage spécifique de Lafuma est abandonné. Le système des lacets gaufrés des SkyRace est aussi abandonné. J’espère que ces lacets tiennent bien et que les nœuds ne vont pas glisser.
  • Pare pierre bien costaud sur l’avant de la chaussure.
  • Support du talon assez haut mais bon dégagement au niveau de la malléole. Pas autant de risques de frotter qu’avec les Hoka Mafate Speed.

 

Programme de test.

Ces pompes sont un peu à mi chemin entre les Cascadia 10 et les Salomon Speedcross. Plus légères et sans doute moins amorties que les Cascadia elles semblent convenir pour du assez long (je vais sans doute tenter le 65 kilomètres du trail des bosses avec). Pour les crampons c’est bien mieux que les Cascadia mais encore bien loin des Speedcross. Cela dit pour une bonne séance de gadoue je crois qu’elles ne doivent pas être catastrophiques. J’hésite à les prendre pour le trail Hivernal du Mont Saint Aubert. C’est vraiment très gadouilleux en ce moment sur le Mont Saint Aubert et les Speedcross y perdent même toute adhérence. Comme il ne s’agit que d’un 30 kilomètres, l’enjeu n’est pas très important et le test pourrait être intéressant.

Premier test : 10 kilomètres entrainement club aux Marchenelles.

Voici mes impressions sur ce premier test.

  • Vu l’état des sentiers et de la gadoue en ce moment, je suis bien content de partir avec les Speedcross sur ces séances d’entrainement mais pour la bonne cause de ce test, je suis parti avec les Lafuma Speedtrail V300 pour mon test et pouvoir donner mon avis.
  • Comme les Lafuma V300 ont la toebox assez large, il est difficile de compenser par un laçage serré.
  • Le système de rangement des lacets est un peu nul. A la fin les lacets sont complètement gadouilleux et au début ils ont du mal à rester en place dans leur petit logement.
  • J’ai failli perdre une chaussure dans la gadoue dès le premier bourbier des Marchenelles. J’ai resserré mes lacets et je n’ai plus eu de problèmes.
  • Très bon comportement dans les dévers. Vu la gueule des coté de la semelle, cela ne m’étonne pas.
  • Quand même une très bonne accroche. Les Speedcross sont inégalables dans la gadoue mais ces Lafuma Speedtrail sont très bien aussi.
  • Pas d’effet « savonnette » sur les plaques d’égout ou sur des pavés glissants. Je suis même passé sur des belles plaques de verglas sans avoir peur de perdre l’adhérence. Cette impression est à confirmer.
  • Sur le plat et le schiste, ressenti pas terrible. Je n’ai pas eu l’impression que la foulée se déroulait bien. La transition entre l’appui et la relance n’est pas vraiment fluide. A vérifier et à confirmer.
  • Dans les descentes, aucun problème particulier. Il va falloir que je m’y habitue mais ces pompes ne donnent pas particulièrement envie de se retenir.
  • Dans les montées très raides et argileuses des Marchenelles, les Lafuma Speedtrail ne m’ont pas aidé et j’ai beaucoup glissé. Seule situation où les Speedcross auraient sans doute été bien meilleures.
  • Sur le bitume, pas de problème particulier.
  • Pour la relance, qui est un aspect souvent cité dans les avis sur les chaussures de trail, je n’ai pas d’avis parce que je ne comprend pas vraiment de quoi il s’agit.
  • même sur une courte distance, impression d’échauffement au niveau de l’avant du pied. A confirmer aussi.

En embarquant mes nouvelles Speedtrail V300 dans cette séance d’entrainement aux Marchenelles, je voulais pouvoir en parler dans ce test et aussi voir si c’était raisonnable de les utiliser pour mon prochain petit trail : les 30 kilomètres du Mont Saint Aubert. Bon ben à 4 jours de l’épreuve, je suis assez tenté par l’expérience.

Deuxième épreuve de test : 30km du trail du Mont Saint Aubert.

Donc, pour poursuivre mon test des Lafuma Speedtrail V300, je les ai emmené pour le trail hivernal du Mont Saint Aubert. Le parcours est très technique, beaucoup de boue, de montées et descentes abruptes dans les sous bois, de longs segments dans des ornières pleines de gadoue, de traversées de prairies. Un bon parcours pour tester des pompes de trail.

Voici mon retour sur cette expérience:

  • Lacets trop serrés : au départ du trail, j’ai vraiment trop serré mes lacets. Au moins je n’ai pas perdu de pompes dans la gadoue comme pas mal d’autres mais j’ai eu très mal aux tibias au début. La douleur a disparu après quelques kilomètres, sans doute quand les chaussures se sont mieux faites à mon pied.
  • Pas d’accroche dans la gadoue toute molle et dans l’argile luisante et très glissante mais même en Speedcross ce ne serait pas passé. Seule la technique du coureur fait la différence et c’est pour ça que Manu devait souvent m’attendre alors qu’il courait en Cascadia 9, des pompes pas particulièrement adaptées à la gadoue.
  • Dans les grandes descentes herbeuses du jour, aucun problème de confiance avec les Speedtrail. La confiance c’est la clef des descentes.
  • Super aussi dans les nombreux dévers du programme. Les V300 accrochent bien dans ces conditions particulières.
  • Pas mal de traversées de ruisseaux dans cette course. Pas moyen d’éviter d’avoir les pieds trempés. L’eau s’évacue très bien et une fois passé le moment où on sens l’eau rentrer, on oublie vite qu’on a les pieds mouillés dans les Lafuma.
  • La languette s’est un peu barrée sur le côté. Pas grave pour moi mais inadmissible pour d’autres d’après ce que j’ai compris.
  • Sur le bitume et le béton (beaucoup de routes en béton en Belgique), les Speedtrail « tapent » pas mal. Il faut réduire l’amplitude de la foulée et augmenter la cadence pour limiter la force des chocs. On est loin de l’amorti des Cascadia avec les V300.
  • Globalement je n’ai pas regretté d’avoir pris les Speedtrail pour ce 30 kilomètres boueux. Les Speedcross auraient à peine fait mieux.
  • Je pourrais envisager de prendre les V300 pour des trails de moins de 100 kilomètres sans trop d’enjeu pour moi. Pour du très long, je préfère encore les Brooks Cascadia.

 

Baratin – technologie et indications imprimées sur les Speedtrail V300.

  • Vibram
  • Cushion Heel : de L’EVA sous le talon ?
  • Reflex-70 : insert intégré dans la semelle, favorise le dynamisme et la relance de la foulée
  • in Support-80 : support de fatigue ?
  • Confort foam insoles ortholite
  • Drop 8mm

Réflexions diverses.

  • En 2014 Lafuma a décidé d’arrêter sa « team » de traileur et traileuses.  Ils ont aussi décidé d’arrêter de sponsoriser la Sainté Lyon.
  • Chez Millet (marque typée montagne du groupe Lafuma) il existe le modèle Switch Low GTX qui utilise exactement la même semelle en Vibram pour une chaussure plis orientée randonnée.

 

 

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