[CR] UTMB 171 km 10.000m de D+

Commençons par le sas de départ de l’UTMB. Mon cœur y avait déjà battu 2 ans auparavant tandis que j’accompagnais Antoine dans sa tentative avortée. Je venais de finir la TDS et je l’aurais bien accompagné, c’est peut-être là que j’avais décidé de m’inscrire puisque j’avais les points. Cette immense émotion qui précède le départ je ne l’ai pas du tout ressentie lors de ma propre tentative. Là j’étais bien content de ne pas être trop loin dans le sas d’attente mais trop inquiet de savoir comment ça allait se passer pour profiter de l’ambiance si particulière des départs de l’UTMB. Je me demande si je n’ai pas exagéré en ne me préparant pas particulièrement pour cette épreuve. Je reçois un SMS de Martine qui me demande où je suis et je me trouve mesquin de ne pas quitter ma bonne place pour aller lui faire la bise. Des chinois resquillent en franchissant les barrières de sécurité au dernier moment, c’est pas cool, pas sportif, il n’y a pas une bonne ambiance dans ce sas de départ. Le speaker est minable, il nous demande de taper dans nos mains, c’est ridicule. Il demande aussi à ceux qui n’en sont pas à leur premier UTMB de lever leurs  mains et personne ne la lève. Pas bon signe ça, ça veut dire que personne n’est en train d’y revenir comme si cette épreuve mythique décourageait ceux qui l’avaient réussi d’y retourner. Bizarre non ?

Quand résonne la fameuse musique du départ je ne ressent aucun frisson particulier, les poils de mon échine restent de marbre. Il se pourrait que l’effet des Charriots de Feu soit mille fois plus important sur les spectateurs que sur les participants ?

En tout cas lorsque le départ est donné j’ai l’impression d’être on ne peut mieux placé. Je n’ai rien à prouver, je pars à mon rythme et alors que tout est fait pour que l’on s’emballe j’ai l’impression de partir bien tranquillement. Je suis juste bien content de ne jamais avoir l’impression d’être gêné une fois dépassé les rues piétonnes de Chamonix.

Dans les 8 kilomètres qui nous séparent des Houches je n’hésite pas à marcher dès que ça monte et je pense beaucoup à mon état lamentable à la fin de la TDS qui passe par le même chemin dans l’autre sens à la fin.

Aux Houches je me dis que mes collègues de chez Simond pourraient être là et je suis super content d’y reconnaître Aurélie du service qualité à laquelle je m’empresse de faire une bise. Ça m’embête encore un peu d’être vu par des relations professionnelles avec mon chapeau Thaïlandais mais enfin sur une épreuve aussi dure que celle ci il me semble finalement que les excentricité vestimentaires sont généralement perçues comme des excentricités mineures par rapport à celle de s’engager sur l’épreuve. Du coup j’ai ensuite accepté d’apparaître avec le chapeau en question et en tant que directeur de la production sur le Facebook corporate de ma boutique. Je me considère comme un tâcheron, un gars qui n’a strictement aucune aptitude particulière pour entreprendre ce genre d’aventure et il n’y a pas si longtemps j’avais même l’impression d’être un usurpateur, un gars qui affiche des grandes ambitions mais qui en est bien incapable. Depuis The Spine Challenger, finie dans des conditions incroyables j’ai au moins franchi une étape spéciale : je n’ai vraiment plus rien à prouver à personne, ma légitimité à entreprendre des défis idiots ne peut plus être contestée. Cette vidéo est fondamentale pour moi :

Encore merci Manu pour tout ces pas fait en reculant…

Bon, retournons à l’UTMB, après les Houches il y a une montée jusqu’au Délevret avant de descendre vers Saint-Gervais. La montée se passe très bien, je me dis juste que finalement ma préparation UTMB sans aucun run pendant le dernier mois n’aura pas été si mauvaise que ça. En haut on est dans le brouillard, je tiens ma frontale à la main pour améliorer la visibilité.

Lors de la descente vers Saint-Gervais c’est assez marrant, je ne double personne sauf ceux qui sont en train de pisser. Depuis bien longtemps je sais que je suis archi nul en descente et je me souviens que lors des Templiers j’avais déjà appris à gérer la question. Dans les descentes je prend mon mal en patience, certains disent que les trails se gagnent en descente et donc ils impliquent que les trails s’y perdent aussi mais pour moi, comme c’est la galère assurée, ça m’amuse maintenant. Or sur cet UTMB je me dis juste que j’ai à faire à la fine fleur de l’ultra trail mondial et me faire doubler dans ces circonstances me donne une extraordinaire circonstance atténuante.

Bon à l’arrivée à Saint-Gervais je suis surpris par la foule présente. Les cloches de vaches tintinnabulent de tous coté. Je pensent aux vegans qui excluent toute exploitation des animaux et qui veulent interdire le port de la cloche par les vaches et les moutons, c’est vrai que ça ne doit pas être drôle.

L’ambiance est bonne, j’étais parti avec beaucoup de craintes mais après Saint-Gervais j’entre dans une petite période d’euphorie, le temps passe tout seul, je suis bien, tout va bien. Je suis à l’aise car la première difficulté du parcours est derrière moi. Situation et sensations optimale. Je me met même à être content d’être là sur l’UTMB. Je me dis que j’ai de la chance d’être en forme et d’avoir les moyens physiques suffisant pour finir ce genre d’épreuve.

Peut avant d’arriver aux Contamines on traverse quelques hameaux et je compatis pour les riverains. Quelques furieux profitent de l’évènement pour agiter, tels des déments de la saint Guy, leurs cloches de vaches qui ont la capacité de tenir éveillé un alpage complet. Je plain l’alpage en question mais peu importe, la caravane passe.

Au Contamines on m’avait dit que certains y arrivaient déjà épuisés. La collection de petites montées depuis Saint Gervais peut être éprouvante. Je suis bien content de me sentir en pleine forme, pas encore entamé par les  30 premiers kilomètres.

Après les Contamines il y a une grande montée vers le Col du Bonhomme dont je ne me souviens pas bien du tout. On est au milieu de la première nuit. On redescend ensuite vers le ravito des Chapieux.

J’envoie alors ce SMS :

Beaucoup de brouillard et un chouya de neige au col. Ça caille mais j’étouffe dans ma Goretex.
Il est 4h du mat, j’ai plus de 2 heures d’avance.
Je suis heureux, je profite de chaque seconde. J’ai juste un peu peur d’aller trop vite mais pourtant il me semble que je gère bien comme on dit en ultra.
Les bénévoles sont hyper sympa.
Je n’ai pas encore déplié mes bâtons.

Après Les Chapieux c’est de nouveau une montée vers le Col de la Seigne. Je crois que c’est là que mon cousin Patrice avait perdu son appareil photo 35 ans auparavant. Il y avait beaucoup de neige à ce col début juillet 1982. En 2017 un fin manteau blanc recouvre la montagne, le chemin est en gadoue. C’est le lever du jour, c’est beau mais on est encore dans les nuages.

On devait ensuite aller chercher le col des Pyramides Calcaires mais ce passage a été retiré de l’édition 2017 par l’organisation. D’après Ben qui a reconnu ce coin ce n’est pas une grande perte, ça aurait du se passer dans des schistes pourris d’après ce que j’ai compris.

Dans la descente dans le Val Vény vers le lac Combal, au petit matin, on croise 2 africains qui montent vers le col dans la montagne enneigée. Une jeune femme suivie à quelques mètres par un jeune homme. Ils sont bien habillés, ne semblent pas souffrir du froid et ont l’air heureux. J’imagine que ce sont des migrants ayant fui un pauvre pays africains pour une terre promise qui ne fera sans doute que les décevoir. Je pense à tout ces morts sur les bateaux en méditerranée, à moi qui ne fait rien pour que rien ne change, au fait que je me fais plaisir dans les montagnes tandis que tant de choses partent en vrille. Je me dis que c’est stupide de faire le tour du Mont Blanc. De partir d’un endroit pour y revenir 1 ou 2 jours plus tard. On gâche notre vitalité dans l’exercice. Eux les migrants sont des vrais hérauts des temps moderne, eux au moins utilisent leur énergie et leurs capacité physique pour une épopée beaucoup plus dangereuse et utile qu’une course dans les montagne. Pourtant ce sont les mêmes muscles que nous utilisons les uns et les autres.  L’UTMB est à la migration ce que la masturbation est à la procréation.

Peu avant le ravito du lac Combal je fais un bout de chemin avec Jérémie (dossard 769 – fin en 38h23). C’est une des rares rencontre que j’aurai faite sur cette longue course. C’est paradoxal mais plus il y a de monde moins on fait de rencontre. Le fait que les 3/4 des gars ne parlent pas français n’arrange pas de ce point de vue là.

Cette vallée du Val Vény est très jolie, je reconnais le refuge Elisabetta et malheureusement on ne voit rien du Mont-Blanc à cause des nuages.

Lors de la montée vers l’Arête du Mont Favre je cherche des yeux la pierre sur laquelle mon père s’était posé 35 ans plus tôt. C’est dingue mais je suis sur d’avoir revu cette pierre. Le paysage est tel que je m’en souviens, il y avait un très grand nez de glacier dans la vallée, un gros amas de cailloux avec un refuge dessus. La pierre se trouve près d’une bergerie en ruine dont je ne me souvenais pas. Pour mon père on était là dans la montée vers le Checrouit alors qu’en fait le Checrouit n’est franchi que plusieurs kilomètres plus loin. J’hésite à faire une photo de cette pierre mais je ne la fais pas, je ne sais pas pourquoi, peut-être que c’est parce que je suis en course ? Peut-être que parce que mon souvenir et ma mémoire n’ont pas besoin de pixels au fond du silicium de mon smartphone ? Pour moi c’est un moment d’émotion forte en tout cas la vision de ce cailloux. Je médite sur le temps qui passe, mon père est parti mais le cailloux est toujours là. Avant on croyait que la nature était plus forte que l’homme et maintenant on doit se rendre à l’évidence, l’homme est plus fort que la nature, il est en train de tout gâcher. On brûle la chandelle par les 2 bouts et moi aussi je le fais. Je continue.

La descente vers Courmayeur est pénible, elle l’était déjà en 1982 et ça ne s’est pas arrangé.

A Courmayeur j’arrive avec environ 3 heures d’avance sur la barrière horaire. Je suis confiant. On a là l’occasion de récupérer un sac avec des affaires propres. J’ai mis dans ce sac une power bank pour recharger ma montre et mon téléphone, je ne me change pas car j’ai déjà mes meilleurs vêtements sur moi, je garde même mes chaussettes en mérinos car même si elles sont dégoûtantes elles sont chaudes et ne frottent pas, je remet de la crème NOK sur mes pieds et sur différentes parties intimes qui ont déjà eu l’occasion de me faire souffrir lors de précédents ultras.

A Courmayeur j’avais décidé de faire une petite sieste de 10 minutes même si, comme prévu, je n’en ressent aucun besoin. Beaucoup de gens ont de l’assistance et moi je profite de l’équipe qui fait une étude sur le sommeil en ultra. Je leur rempli leur questionnaires et en échange ils me réveillent quand je leur demande. Lorsque qu’on s’endort en ultra ma grande hantise est de ne pas me réveiller et de confier cette tache à quelqu’un est d’un très très grand confort.

Après mon passage à la base vie de Courmayeur je m’offre le luxe d’un arrêt dans un bar italien. Je déguste un excellent expresso au comptoir avec un cornetto con crema (malheureusement plus de con crema, je me rabat sur du con marmalatta).

Je profite d’une gentille montée en bitume au départ de Courmayeur pour envoyer ce SMS :

Je suis un peu dans le dur là.
J’ai dormi 10 minutes.
Que le temps passe vite.
C’est déjà la mi course.
Froid de canard annoncé pour la nuit prochaine. J’ai 2 heures d’avances en quittant Courmayeur, j’ai pris le temps d’aller boire un bon expresso italien dans un bar avant de repartir.

C’est vrai qu’à partir de Courmayeur je vais trouver le temps long. La montée vers Bertone est longue, la traversée en balcon vers le refuge Bonatti interminable et la petite descente vers Arnouvaz se fait longuement attendre. Comme la veille les milliers de coureurs de la CCC sont déjà passés par là il y a des endroit où le sentier est très abîmé. Beaucoup de gadoue et de glissades pour nous.

Je me demande si je n’ai pas oublié dans mon sac à Courmayeur mes gants et mon bonnet. C’est ballot, sans gants la nuit risque d’être compliquée, je pense à des stratégies pour que les gens de l’organisation ne le remarque pas. Ça m’embêterais beaucoup d’être arrêté pour une cause aussi stupide. Je ne prends pas le temps de vérifier mon sac pour confirmer cette mauvaise nouvelle. Je continue presque sur que ça va être très très dur.

A Arnouvaz on nous prédit un temps apocalyptique au Grand Col Ferret et on nous oblige à mettre nos pantalons Goretex. Certains sont tentés par l’abandon alors qu’on a une bonne avance sur la BH. Je ne les comprends pas. J’ai la chance de voir que mon sac contenait quand même mes gants et mon bonnet. Et hop on repart. On est environ au 100° kilomètre, je décide que l’expérience « sans bâtons » a assez durée et je commence à m’en servir.

Le vent souffle fort, il y a du grésil, c’est très hivernal. Le grésil frappe le visage, je me dis que les goggles, les lunettes de ski qui font partie du matériel obligatoire de The Spine manquent à l’UTMB. Je rabats la visière de ma capuche, penche la tête, regarde mes pieds et continue. 738m de D+ en juste 2 heures, à ce moment de la course c’est très bien.

Autant la montée hivernale est sympa autant la très très longue descente qui suit est interminable. On en prend pour plus de 20 kilomètres de descente. Il y a le ravito de La Fouly au milieu. Cette section est vraiment très éprouvante pour moi. J’ai un peu le moral dans les chaussettes, je sais que je dois gérer les descentes à mon rythme mais là c’est vraiment interminable. Ça me prend 5 heures pour aller du Grand Col Ferret à la base vie de Champex-Lac. Je commence à trouver qu’il y a trop de descentes dans l’UTMB.

A la base vie de Champex-Lac je suis encore tranquille au niveau barrière horaires et je décide de dormir 20 minutes. J’arrive dans la tente dortoir et je demande à une dame comment on fait pour être réveillé. Elle m’envoie sèchement : « on demande à son équipe suiveuse ». Sympa, bonjour l’ambiance, finalement je trouve un matelas libre (j’ai beaucoup de chance sur ce coup là) et le coureur de la dame revêche lui demande aussi 20 minutes de sommeil et lui demande de s’occuper de mon réveil aussi. Au réveil je sympathise avec Philippe (dossard 2359 – a finit en 43h27) qui a dormi à coté de moi. C’est extrêmement désagréable de sortir du sommeil, de redéployer ses membres, de remettre ses chaussures et son sac à dos et de repartir au milieu de la nuit. Je devrais être content avec la connaissance de la statistique de 95% des gars qui quittent Champex-Lac finissent l’UTMB dans les temps. Je n’y pense pas.

On discute avec Philippe et le temps passe plus vite. Il regrette aussi d’être là et de faire si peu de rencontres. Il voudrait bien que l’on finisse ensemble. Dans la montée vers La Giète il impose un rythme tranquille mais j’ai du mal à suivre. On s’arrête plusieurs fois et il m’attends. Je ne vais pas bien, je lui demande de continuer sans moi, m’arrête carrément, prend un gel GU, allume mon téléphone et envoie le SMS suivant :

J’en peu plus. J’ai envie de vomir. J’en ai ras le bol.

Trop trop trop de descentes pour moi.

2h27 en Suisse.

Je fais alors quelques math et je me rend compte qu’il me reste moins d’un marathon à faire en plus de 12 heures. Ça devrait le faire, je repars et ça va assez vite mieux.

La Giète c’est un endroit sympa. Le check point est dans une étable, ça sent très bon le bétail.

Au ravito suivant de Trient je voudrais bien dormir un peu, on m’indique la direction de l’équipe médicale mais je ne la trouve pas alors je continue et finalement ce n’était pas nécessaire que je dorme.

Dans la monté vers Catogne j’ai quelques hallucination légères au lever du soleil. Un des traileurs qui me précède ressemble à une mariée tout en blanc qui se promène dans la montagne, 2 souches dans une pâture se transforment en 2 énormes marmottes dressées sur leurs derrières.

La descente vers Vallorcine est épouvantable. A un moment un panneau indique Vallorcine à 2h et une heure plus tard un nouveau panneau indique Vallorcine à 3h. Peut avant Vallorcine un américain me dit que c’est foutu. On fait 1 kilomètre par heure au maximum et on va vite se faire rattraper par la barrière horaire. Je lui dit que je ne crois pas, l’encourage à s’accrocher et continue.

Quand il y a des gens derrière moi je me met de coté pour les laisser passer. Personne ne dit jamais merci. Ambiance pourrie je vous dis. Un gars refuse de me doubler, il a très mal à son genou depuis la mi course, il a vu des kiné qui lui on dit qu’il pouvait essayer de continuer s’il ne fléchissait pas son genou. Je me dis qu’il est fou. Peu après il s’arrête, dit qu’il sent que son tendon d’achille vient de se déchirer. Je ne peut rien faire pour lui, je lui demande si son téléphone est opérationnel pour appeler l’organisation. Je continue, je ne suis pas fier de moi de l’abandonner à son triste sort. Je ne vaut pas mieux que les autres sur ce coup là. L’UTMB m’est monté à la tête, je veux en finir pour ne plus y revenir.

A Vallorcine je dors 10 minutes assis à une table du ravito (bizarre, je n’arrive pas à situer mon 3° sommeil, je ne crois pas que c’était à Vallorcine). Je suis sur d’avoir dormi 3 fois sur l’UTMB (2 fois 10 minutes et 1 fois 20 minutes) mais je n’arrive pas à être sur des endroits. Je discute avec une fille, on partage l’idée que l’UTMB c’est nul.

Après Vallorcine on passe par le Col des Montets, on ne fait pas la montée de la Tête aux Vents à cause du mauvais temps et on doit quand même monter à la Flégère.

La montée est épouvantable, on passe dans une très belle moraine mais c’est très glissant, je me fracasse plusieurs fois à cause de racines glissantes. Ça me prend un temps fou, on me double, on me double. La fin de l’ascension vers La Flégère passe par une piste de ski en schiste, ce n’est pas drôle du tout. Je met 4 heures pour faire 10 kilomètres.

Après La Flégère c’est tout en descente jusque Chamonix. Il n’y a que 8 kilomètres mais je sais dès le départ que ça va être interminable. Effectivement 2h30 pour faire 8 kilomètres en descente c’est pas rapide. A un moment j’ai même mal aux reins tant je suis crispé dans cette descente. Plein de gars jouent aux chamois, je me demande d’où leur vient cette énergie.

A l’arrivée dans Chamonix je décide de ne pas courir, de faire le dernier kilomètre entre les balustrades au milieu de la foule à un pas de sénateur. Genre De Gaulle qui descend les Champs-Élysée à la libération. Des dizaines, voire des centaines de spectateurs regardent défiler les derniers arrivants, plein de gens filment je ne sais pas trop quoi avec leurs smartphones. Je pense à Warhol qui prédisait un quart d’heure de célébrité à tout le monde. Je me demande à quoi vont servir ces images.

Je suis très content de finir l’UTMB mais pas euphorique du tout. C’est bizarre. Peut-être que je suis surtout content de l’avoir fait pour ne pas à avoir à y retourner ?

 

 

 

 

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