[Récit] GR5 de Saint Dalmas à Nice

GR5 – Entre le col des Deux Caïres et le col et la Baisse de la Combe

Le GR5 pars de Hollande et arrive à Nice, je l’ai déjà traversé en Belgique une fois, là je l’emprunte après avoir fini  la GTM, la Grande Traversée du Mercantour, après être arrivé à Entraunes j’ai décidé de rejoindre Nice à pieds, d’abord par une portion du GR52 d’Entraunes à Saint Dalmas-le-Selvage puis par le GR5 jusqu’à Nice. Voici le récit de deux jours de marche sur la fin du GR5.

 

Saint Dalmas-le-Selvage est un joli village vivant, il y a une supérette, une excellente boulangerie et un bar tabac.

En quittant Saint Dalmas-le-Selvage il y a une belle montée.

Au col je rencontre des randonneurs qui vont faire étape aux granges de la Basque, je me dépêche pour y être à midi pour y manger une salade. Il s’agit d’une ancienne caserne aménagée pour loger les promeneurs, malheureusement soit la restauration est fermée soit je ne la trouve pas.

Je continue direction Utelle, le sentier suit la crête, c’est très vert. Le passage du Bec d’Utelle est très beau, le chemin est à flanc de falaise, c’est très aérien.

GR5 – Passage au Bec d’Utelle

A un col je rencontre des randonneurs qui vont dormir au gîte d’Utelle.

Utelle est un très charmant village presque mort. Retables magnifiques dans l’église. Du baroque doré.

GR5 – linteau à Utelle

Tous les restaurants du village sont fermés ce soir. Heureusement, il y a une épicerie, fermée aussi mais il suffit « d’appeler la dame » pour qu’elle l’ouvre, l’épicerie est dans le gîte du village. J’attends un peu et les clients du gîte arrivent. Nous papotons, on se demande où sont les retraités de la côte d’Azur. Pour eux, la côte d’Azur s’arrête à deux kilomètres de la plage. C’est bizarre à Utelle, il y a plein de maisons à vendre. Il y a des fruits dans l’épicerie, un melon, des pèches, des prunes et un saucisson feront mon repas de ce soir, dans la montagne, il reste 28 kilomètres avant Nice, je voudrais bien y être demain après midi.

Le prochain village est à 3 ou 4 heures de marches et je ne sais pas ce que je vais y trouver. La vie est belle.

J’ai trouvé une dalle de calcaire pour mon pique nique, c’est royal, pas un bruit à part les oiseaux dans les arbres, le soleil se couche, la vallée de la Vésubie est déjà dans l’ombre, les fruits sont délicieux, le saucisson moyen, je ne suis pas pressé de repartir, j’observe de minuscules fourmis rouges qui se passionnent pour un noyau de pêche.

Le chemin entre Utelle et la vallée de la Vésubie est grandiose, à flanc de falaise, souvent soigneusement dallé, manifestement très ancien, au moins médiéval, je me demande qui l’a construit, creusé parfois, j’imagine les gueux en partance pour leur croisade, qui ont pu passer par là. Transpirant, ahanant, souffrant mais confiant dans leur foi, du moins c’est ce que je leur souhaite, moi je suis là pour le plaisir, à la veille de la fin des temps, le réchauffement climatique et tout ça.

Levens est un gros bourg avec une petite place coquette où j’ai pris un café. Beaucoup de bitume, des villas avec piscines qui mitent le paysage à perte de vue.

La section entre Levens et Aspremont oscille entre les chemins dans la garrigue et quelques sections de bitume.

GR5 – garrigue entre Levens et Aspremont

Je me hâte pour arriver à Aspremont pour midi, je rêve des beignets de fleur de courgette du restaurant « L et lui » , par chance ils en ont. C’est un régal. Lors de mon départ de Nice sur le GR51  ils n’en avaient plus, j’avais failli en manger aussi sur le GR52A à Chateauneuf d’Entraunes mais j’avais préféré aller manger à Bouchanières.

GR5 – beignets à Aspremont

Le mont chauve porte bien son nom, pas un arbre pour s’abriter du soleil, c’est assez dur en plein cagnard mais j’aime bien quand c’est dur, quand le corps souffre il s’endurcit aussi. Je pense aux paysans qui travaillaient là il n’y a pas encore si longtemps, comment faisaient ils avec cette chaleur ?

A l’arrivée au bitume de Nice il y a un robinet, je me lave les pieds et trempe ma chemise en mérinos.

L’arrivée sur Nice est réputée épouvantable, beaucoup s’arrangent pour finir à Menton pour l’éviter, je ne trouve pas que ce soit si horrible, 4 ou 5 kilomètres de bitume ce n’est quand même pas la mer à boire.

Il y a un endroit d’arrivée officiel pour le GR5 mais je ne le trouve pas. Une tradition est de finir par un bain de mer, cela ne me tente pas du tout, je ne sais pas pourquoi, la foule peut être ?

Bon voilà, ce bout de GR5 n’est pas le plus fameux de ce GR qui part de Bergen op Zoom dans les pays Bas et qui va jusqu’à Nice. J’avais coupé ce GR dans les environs de Liège en parcourant le GR573 et ça m’avait fait rêver.

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