[Cr] Bello Gallico 100 miles – 2019

J’ai cuit mes saucisses de Montbéliard cette fois ci, c’est beaucoup plus facile à manger que quand elles sont crues, on s’en met moins entre les dents aussi, je suis ravi par cette découverte.

Je me demande comment ça va se passer, c’est la première fois que recours vraiment depuis mon abandon sur le TOR en septembre. Je fais cette course pour la deuxième fois, c’est un peu une préparation pour le Legends 500 qui arrive en février. Je suis très inquiet sur ma vitesse, je suis trop lent, c’est un fait, peut-être que je peux m’améliorer sur ce point ?

La semaine dernière je me suis blessé derrière mes pieds avec mes XA pro 3d, pendant le Land Van Streuvels, j’ai encore des plaies vive au niveau des tendons d’Achille, pour l’instant ça chatouille mais dans 30 heures ça risque de ne pas être triste. Quel con je fais quand même, une affaire idiote de mauvais choix de chaussettes.

Voilà, ce qui précède a été écrit juste avant le départ à 4h du matin samedi.

Il fait relativement doux, très vite on a les pieds dans la gadoue, et on navigue tant bien que mal entre des flaques d’eau. La gadoue est rarement très épaisse mais elle est extrêmement glissante. Presque à chaque pas le pied pars et il faut se rééquilibrer, les adducteurs sont soumis à rude épreuve. Au bout de 80 kilomètres j’avais perdu toute souplesse dans mes muscles, des jambes raides comme du bois. Bizarrement, ça c’est arrangé par la suite, sans doute parce que j’avais arrêté de courir quand c’était trop glissant. C’est magique les ultras, l’adage, « ça va bien finir par aller mieux », s’est de nouveau vérifié. Quelle chance de vivre tout ça avec son corps.

Sur la fin j’avais complètement oublié cette histoire d’adducteurs douloureux, c’étaient mes pieds qui me faisaient mal, une décharge de douleur à chaque pas. Heureusement pas insupportable, j’arrivais même à trottiner, à la fois pour abréger mes souffrances, me rassurer sur mes capacités de coureur et tenir l’objectif de ne pas trop passer en dessous de 5 kilomètres par heure de vitesse moyenne. C’est intéressant que plein de trucs me motivaient pour continuer à avancer, voici un petit catalogue
• Les barrières horaires sont très très larges sur le Bello Gallico mais j’avais envie de faire de mon mieux pour ce qui est de mon temps de course.
• Je suis inscrit sur le Legends 500, 500 kilomètres dans les Ardennes en février avec un ravito tous les 80 kilomètres. Si j’arrive à tenir longtemps à 5 kilomètres par heure ça devrait me donner du temps pour dormir.
• J’avais programmé ma montre pour qu’elle me fasse un point tous les 5 kilomètres, mon objectif était de ne pas trop dépasser une heure. L’ultra se transforme en succession de micro objectifs. C’est dingue comme cette astuce minable peut avoir comme effet sur la motivation. J’en suis un peu atterré mais ça marche. C’est quand même triste, l’abandon de l’attitude d’abandon devant les événements, le retour du contrôle. Où vais-je ?
• Ma vapoteuse était à l’arrivée et en plus Alex m’avait promis une clop. Ce que je peux être con quand même.
• Une douche me faisait rêver aussi. Malheureusement les douches sont à plus d’un kilomètre de l’arrivée et je n’avais pas du tout envie de m’ajouter un kilomètres une fois sur place. Michael, mon pote allemand a fait le même choix.
• Ce qui est très motivant aussi pour continuer d’avancer c’est de se dire que plus on avance, plus on en aura vite fini.
• La bière, Legends Trail est sponsorisé par Kerel, la marque de bière de la brasserie VDBCK. Leurs bières sont vraiment délicieuses, à chaque fois une découverte et un plaisir. Une bonne motivation pour arriver.
• J’ai eu un petit peut peur, avant d’arriver à la moitié de la course, qui est aussi le point de départ et d’arrivée, que je n’ai pas le courage de repartir, le genre de trucs qui arrivent aussi à l’Origole. En fait non pas d’état d’âme à l’heure H, super, c’est sans doute l’expérience.

Finalement j’ai mis 31h pour faire 160 km, je suis un peu déçu de ce temps, j’aurais bien aimer aller un petit peu plus vite. Je suis très content quand même d’y être allé, j’ai un peu l’impression que pour moi maintenant, faire 160 kilomètres c’est comme faire 10 kilomètres pour d’autres, un truc quand même mais où la question de ne pas réussir ne se pose pas vraiment.

Retour sur quelques rencontres

Michael.

Lui c’est un allemand, organisateur d’une course de 1001 kilomètres en Bavière en septembre. On a couru quelques heures ensemble, on avait plein de trucs à nous dire.

En vrac

• Michael m’avait un peu ruiné The Spine en 2018 quand il m’avait dit que le mur d’Hadrien n’était qu’une longue balade. En fait c’est une interminable série de colline raides à gravir et à redescendre; J’ai trouvé ça interminable et j’ai abandonné avant la fin.
• D’après ce que j’ai compris c’est un grand fan de The Spine, il y est déjà allé plein de fois. Je crois que c’est de lui dont on parle quand on entend parler d’allemands dans les premiers comptes rendus de The Spine.
• Il y a une course d’environ 250 kilomètres en Allemagne qui n’a été finie qu’une fois par 1 gars (j’ai du mal comprendre). Le prix est de 119 euros, il n’y a qu’un ravitaillement, il y a des huttes pour dormir le long du chemin, les barrières horaires sont assez généreuses, des Spiners s’y sont cassés les dents, il n’y a aucune épicerie sur le parcours (bizarre, d’après la carte il y a plein de villages…), en octobre le temps est toujours bien pourri dans ce coin là. La course s’appelle BERGischer ultra, le départ se fait en octobre à Lindlar, en Allemagne, c’est à moins de 4 h de Lille. Manu, tu en dis quoi ?
• Michael est le gars derrière Megarace.de qui organise en particulier un 1001 kilomètres à faire en 2 semaines. Michael insiste pour que je vienne, j’y penserai peut-être après le Legends 500. 2 semaines c’est long quand même, surtout au niveau consommation de jours de congés…
• Michael est un coureur plus rapide que moi mais on dirait qu’il passe plus de temps aux check points. On s’est revu plusieurs fois sur la course. La dernière fois c’était au dernier check point, il n’avait plus de batterie pour sa frontale (sa batterie de rechange était déchargée quand il a voulu l’utiliser) et attendait le lever du soleil.

Alexandre

Alexandre est un gars que j’ai rencontré la première fois lors du Legends 250 et que j’ai revu aussi lors du dernier TOR des géants.

C’est un grand plaisir de le rencontrer, nous avons une connexion qui nous échappe. Il m’a offert une clop et une bière au ravito du 120° kilomètre.

Il vient de courir un marathon en 2h47, c’est un grand champion, il va essayer de courir un 100 kilomètres dans un temps qui pourrait le qualifier pour les championnats du monde d’Ultra ou pour la Spartan Race en Grèce, je ne sais plus.

The Legends family

C’est le nom du groupe de volontaires qui organisent cette épreuve. À force d’y retourner, je commence à reconnaître les têtes. J’aime bien cette impression d’une grande réunion de famille. Un genre de réunion exceptionnelle avec plein de gens que l’on ne voit pas souvent mais avec lesquels on a des liens.

Cette année le parcours était assez différent de l’an passé. Je ne sais pas si c’est parce que j’étais plus en forme mais je l’ai trouvé beaucoup mieux et pas ennuyant du tout.

Les ravitos sont très bien, très nombreux pour un ultra, la cuisine est soignée, le barbecue final une orgie de protéines bienvenues. C’est vraiment bien organisé.

The Legends c’est aussi Tim et Stef qu’on avait rencontré avec Manu lors de notre premier Spine. Malheureusement Stef a annoncé qu’il allait quitter Legends. J’espère que Tim va réussir à faire vivre la famille. Ces courses sont vraiment trop bien.

Les randonneurs.

Le Bello Gallico est aussi ouvert aux randonneurs. Le 80 kilomètres comme le 160. Ils partent avant les coureurs et j’en ai observé pas mal aux ravito, notamment à partir de la mi course. Beaucoup ont du beau matos avec des signes de reconnaissance. Il y a une certaine esthétique paramilitaire souvent présente. C’est bizarre.

A l’avant dernier ravito, je faisais une petite sieste et je me suis réveillé au bout d’une heure alors que je m’en était accordé 2.

Quand je me suis réveillé il y avait 2 randonneuses dans mon coin. L’une disait et répétait, la France c’est la merde. Tout en me préparant à repartir j’ai engagé la conversation avec cette fille pour essayer d’en savoir plus. Son discours n’était pas très articulé, j’ai oublié de lui demander ce qu’elle pensait des gilets jaunes. Il m’a semblé qu’elle était plutôt contre la réforme des retraites. A un moment elle a dit que si ça continuait comme ça on allait avoir Le Pen au pouvoir. J’ai cru qu’elle s’en lamentait, je m’en suis lamenté avec elle, mais elle a dit que c’était la seule solution puisque c’était la seule que l’on n’ai pas encore essayé. Glaçant. Je lui ai dit qu’on avait quand même vu ce qu’avait fait Hitler, qu’on savait à quoi le fascisme menait quand même. Elle m’a répondu que Le Pen cela n’avait rien à voir. J’ai rompu la discussion mais cela m’a rendu bien perplexe. Je crois qu’on va y avoir droit, plus tôt qu’on ne pense même. Ce n’est pas joyeux.

Pour le Legends 500

Mon moral est assez bon pour tenir sur les chemins un modeste 5km/h qui devrait me laisser un peu de temps pour dormir de temps en temps. La BH du Legends 500 est à 3km/h mais le terrain est plus difficile (Ardenens) et il faudra tenir beaucoup beaucoup plus longtemps.

a voir ou revoir d’ici là :
• Acheter des Cascadia un chouya plus grande ?
• Préparer des chaussettes étanches
• Ne pas oublier de préparer les pieds au moins une semaine avant Nok Nok NOK.
• Ne pas oublier les crampons
• Ne pas oublier le filtre pour l’eau des rivières
• Ne pas oublier le peronin pour l’énergie
• Faire des provisions de gel au café, retrouver ceux utilisés au TOR ?
• Garder le setting 5km pour la montre
• Acheter un legging thermique moins serrant
• Faire très attentions aux batteries des frontales
• Cuire une saucisse de Montbéliard par jour
• Ne pas oublier les claquettes pour les bases vies
• trouver un pantalon GTX plus pratique
• Tester le front pack D4 de Michael à 5 euros ?
• Réfléchir à embarquer un sac de couchage ?
• Prendre des gants fins pour s’il ne fait pas trop froid.
• Prendre plus d’une première couche en Mérinos, c’est quand même bien agréable d’avoir des vêtements secs.

Matos

Ma nouvelle montre Suunto 9 m’a joué des tours, dans un ravito elle a perdu le signal GPS et m’a demandé ce que je voulais faire, soit mettre en pause soit un truc que je n’ai pas du tout compris. J’ai mis en pause et réactivé aussitôt. Le message n’est pas réapparu.
La perte de signal GPS au ravito s’est répétée une seconde fois et les mêmes messages sont apparus; je ne sauis pas ce que j’ai bricolé mais la montre est passée en mode ultra haute économie d’énergie avec une mise à jour de la distance parcourue toutes les 15/20 minutes. Énervant comme bazar, on peut modifier ça en route avec cette montre mais c’est pénible.

J’avais pris mon pantalon goretex Salomon et comme un con, quand j’en ai eu besoin j’ai traîné à le mettre. Résultat j’ai attendu d’être trempé pour l’enfiler. Mon pantalon Eider aurait été préférable.

Dans mes Cascadia 14 j’avais mis 2 paires de chaussettes l’une sur l’autre. En sous couche des Injiji avec des orteils dessinés et au dessus des grosses chaussettes Icebreaker en Mérinos. Bien pour les frottement, moyen pour résister à l’humidité, nul de ne pas avoir prévu de rechange et moyen aussi la pointure des Cascadia avec ces gros pieds.

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