[CR] Bello Gallico 100 miles

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Stef et Tim, sont des race directors bénis des dieux. Ils organisent une superbe course au mois de décembre mais le pire n’est pas certain avec le réchauffement climatique. Hors là les dieux ont fait de leur mieux pour que l’épreuve se passe dans des conditions bien hivernales, on a eu un froid glacial au départ, du grésil avec un vent fort en début de nuit et de la neige ensuite. Il n’a manqué qu’une journée de pluie et un peu plus de verglas pour que ce soit parfait.

Pour moi cela aura été la balade idéale en préparation de l’abominable Spine qui m’attends dans un mois. J’ai appris plein de trucs encore, je suis bien content.

Ma course

J’ai démarré avec Manu mais très vite je n’ai pas réussi à le suivre. Les premiers 50 miles passent très bien, les ravitos semblent très proches les uns des autres, sauf le dernier qui est un chouia long à atteindre. J’arrive en moins de 12 heures à la mi chemin. Je suis crevé, les barrières horaires sont très généreuses et donc je prend mon temps. On bois une bière (délicieuse Kerrel) avec Manu, j’essaie de dormir 2 heures dans un coin de la salle et n’arrive qu’à dormir une heure, je vapote dehors tranquillement, Stef me chambre, il me dit que j’ai une course à faire et que je ne devrais pas trainer là à vapoter. Je suis pris par le piège des barrières horaires très large, je ne ressent aucun sentiment d’urgence, je traîne.

La deuxième boucle est beaucoup plus compliquée, au départ du grésil m’arrive dans la figure, je regrette de ne pas avoir des lunettes protectrices comme au Spine. C’est très joli, on avance sur un tapis de perles de glaces qui luit dans la lumière des frontales. plus tard dans la nuit, le grésil se transforme en neige, elle tombe bizarrement, avec des petits paquets qui dégringolent tout d’un coup.

J’aperçois le premier ravito sur la route du retour, c’est cool, malheureusement le sentier fait une très grande boucle avant que l’on y arrive vraiment. J’ai l’impression d’y passer plus d’une heure. La vision est censée booster les coureurs mais moi je trouve ça assez interminable et démoralisant.

Avant le dernier ravito, je suis un zombie, il fait nuit, la neige a cessé de tomber, je n’avance pas, l’hallucination principale du moment est un voile blanc qui se projette devant mes yeux. Plusieurs fois je marche dans des flaque d’eau glacées que j’aurais facilement pu éviter si je n’avais pas eu ces hallucinations. Je n’avance vraiment pas, je doute de mes capacité pour le prochain Spine. J’essaie de dormir en full Goretex au pied d’un arbre, en me cachant des autres coureurs pour ne pas être emmerdé. Je n’y arrive pas bien, ce n’est pas assez confortable d’autant que je ne m’allonge pas car je n’ai pas mon matelas Thermarest et j’ai peur que dormir allongé ne me refroidisse trop vite.

J’arrive finalement au petit jour du dimanche matin au dernier ravito. Il est dans un café, c’est très sympa. Je fais une trop courte sieste sur une banquette du troquet. il y a une bonne ambiance dans ce café, je sympathise avec d’autres coureurs. Paige s’étonne qu’un coureur du 50 miles sèche ses pieds sur une chaise, elle dit que ce sont là plutôt des pratiques de coureur de 100 miles. Juan se régale avec une Chimay, il fait plaisir à voir, il est jubile et volubile. A la reprise, je me joint à une petite troupe composé de Paige, de Juan et d’Arno qui nous rejoint sur la piste. C’est très agréable, on parle français entre nous. A part à Manu au début je n’ai pas parlé à grand monde et j’ai toujours été seul sur les chemins. Cette dernière section aura été la plus agréable pour moi, la fatigue est remplacée par le plaisir d’échanger avec des gents charmants, amusant et intéressants.

Parcours du Bello Gallico

Cet ultra est très roulant, très peu de dénivelé (2000m je crois pour 160 kilomètres). On doit parcourir une boucle de 80 kilomètres 2 fois en changeant de sens. En dehors de la zone de départ et d’arrivée il y a 3 ravitaillements espacés d’environ 20 kilomètres. Le paysage n’est pas extraordinaire, beaucoup de champs, d’orée de bois, de bois de hêtre, quelques villages. Cela ressemble beaucoup aux Ardennes Flamandes mais avec moins de dénivelé. Pas trop de bitume pour un parcours si près de grandes villes (entre Louvain et Bruxelles). Pas mal de petits monotraces, quelques tranchées genre trail des poilus. Pas de marécages ou de passages de rivières à gué. Un des gros avantages de cet ultra pour moi c’est qu’il est à moins d’1h30 de voiture de la métropole lilloise.

Organisation.

Tim et Stef ont réussi à créer une sacré ambiance pour leurs événements Legends. C’est basé sur grosse communauté de bénévoles qu’ils ont l’air de passer beaucoup de temps à animer. Pour trouver des bénévoles, il ont par exemple eu la bonne idée de n’ouvrir certaines de leurs courses qu’à des précédent bénévoles. Pas de bénévolat = pas de dossard. Du coup aussi cela fait qu’en général les bénévoles sont eux mêmes des ultra traileurs et ils savent ce que nous attendons. C’est particulièrement agréable quand on arrive dans un check point quand il n’y a pas trop de monde, on te demande si ça va bien, on te met tes gants mouillés sur un radiateur si tu les as posé sur une table, on t’apporte des couvertures si tu veux te reposer, on t’apporte un plat chaud si c’est un CP qui en fournit. Ça ressemble pas mal à l’ambiance des check points du Spine pour ceux qui connaissent. J’espère qu’un jour j’aurais l’occasion de passer de l’autre coté de la scène pour eux.

Vu le peu de difficultés du parcours, les généreuses barrières horaires et l’excellente organisation je crois que Bello Gallico est un 100 miles intéressant pour celui qui voudrait démarrer sur cette distance.

Rencontres.

Pour moi un ultra c’est l’occasion de rencontres. Sur cette course c’est un peu compliqué car il y a pas mal de néerlandophones qui ne semblent pas trop souhaiter parler ni anglais ni français. Cela dit on arrive souvent quand même à trouver un francophone.

* Manu. On a covoituré avec Manu à l’aller. Il m’a lâché avant les 20 premiers kilomètres et il m’a attendu plus de 2 heures au départ pour m’annoncer qu’il abandonnait. Il avait fait le même coup à l’Origole et au 105 de la Bouillonnante. On dirait qu’il y a là un pattern. Je crois que Manu a du mal à se motiver pour des petites courses maintenant.
* Catherine. Une belle rencontre du Great Escape. J’étais très content de la retrouver là. Elle m’a dit qu’elle m’attendrai à l’arrivée mais malheureusement elle a fini 17° et première fille en 21h27 tandis qu’il m’a fallu 12 heures de plus pour en venir à bout. On ne s’est donc pas revus. Cela dit on est tous les 2 dans le challenge Grand Slam de Legends Trail. Notre gros morceau ce sera le Legends 250 où j’aurai le plaisir de la revoir.
* Juan, un super compagnon. Très agréable et marrant. Il est aussi organisateur d’une course bizarre où on part dans une direction et où on décide du moment où on veut faire demi tour avec l’objectif de ne pas dépasser 24 heures avant de revenir au départ. Il dit que pour le Legends 250, déjà atteindre le deuxième check point suffit à faire de lui le plus heureux des hommes. C’était son premier 100 miles, il était très content de le finir. Il a dit aussi que le marathon de la bière, à Liège, est un must pour les amateurs de bière.
* Paige est une canadienne charmante. Elle est très forte, elle a déjà réussi le Legends 250, seule fille de son année. En 2019 elle va faire la PTL avec ses amis Bruxellois.
* Fabrice, de la Confrérie des Horizons. Il est très rapide et on s’est juste croisé. Il a dit qu’on était des warriors. Je n’aime pas ce mot. Je trouve qu’on devrait dire qu’on est des pacificators parce qu’on ne fait de mal à personne.

Expériences accumulée pour The Spine.

Contre toute attente j’ai encore appris plein de trucs qui me seront plus ou moins utiles pour le prochain Spine.

• Changer ses chaussettes pour des chaussettes sèches c’est vraiment très très agréable. J’ai tendance à ne pas me ménager car plus c’est dur plus c’est bon mais cette astuce de pied tendre m’a surpris par sa volupté.
• J’avais mis des fines socquettes avec des orteils dans des grosses chaussettes Icebreaker en mérinos. En fait ces socquettes ont un bourrelet et une couture qui enserre la cheville et c’est extrêmement gênant à la longue . À la fin je n’en pouvais plus. Je vais découdre ce rebord pour mes chaussettes de Spine en espérant qu’elles ne tombent pas trop.
• Au départ il faisait très froid mais j’aurais vraiment du soit partir juste en mérinos + goretex soit m’arrêter bien vite pour retirer ma couche en primaloft dès que j’ai commencé à transpirer. Cela dit ma doudoune en Primaloft reste effectivement bien chaude même trempée.
• Pour les chaussures aussi j’aurais tiré en enseignement valable. J’avais perdu mes gros ongles dans mes Altra Lone Peak lors de mon précédent 100 miles Great Escape. J’étais bien content car je pensais que j’allais être tranquille de ce côté là mais non, je me suis retrouvé avec 2 grosses ampoules à la place des ongles. Pas cool. Je crois que c’est à cause de la taille immense de la toebox des Altras. Du coup, en descente les orteils buttent sur l’avant de la chaussure à chaque pas. Après une année en Altra je vais me racheter des Cascadia pour The Spine. Au moins mes orteils ne glisseront pas dans ces chaussures étroites.
• Depuis l’UTMB, je cours sans lunettes pendant les ultras car je n’aime pas trop quand il pleut, quand on entre dans des endroits chauds, quand le sel de la sueur se dépose sur le verre et aussi la buée qui se forme souvent après une montée qui réchauffe. En fait c’est bien agréable pour lire le tout petit écran de mon GPS Etrex et ça peut éviter les migraines comme celle que j’ai eu à la fin du Spine Challenger. J’ai découvert que les serviettes en papier qu’on trouve aux ravitos font de parfaits essuie lunettes.
• Ma Suunto Ambit 3 ne cesse de déconner après 100 kilomètres. L’astuce est de stopper les enregistrements à chaque check point et de redémarrer en sortant.
• Pour The Spine, j’ai trouvé une nouvelle et bonne motivation pour finir car seuls ceux qui ont fini The Spine pourront s’inscrire au 500 kilomètres que vont organiser Stef et Tim en 2020. Et je veux en être.

Spine
Chaussetes sèches
Chaussetes qui serrent
Gestion de la transpiration
Cascadia
Lunettes
Suunto Ambit. Enregistrer chaque leg.
Motivation pour finir

Bière de Juan
Vtt chevaux
Juan premier 100 miles
Marathon de la bière
Grand Slam
Dusk till down
Juan organisateur d’une course où il faut revenir
Warior vs pacificator
Pattern Manu
Origole
Catherine
500 kilomètres
Ptl
Montre qui déconne
Motivation Spine
Possibilité randonnée
BBQ
Idéal premier 100 miles.

Un commentaire


  1. Bio compte rendu M.Miles.
    C’est toujours enrichissant de connaitre l’ambiance d’une épreuve à travers ton témoignage et ton ressenti.
    les chaussettes et les chaussures par exemple, ça j ai toujours dans mon sac des chaussettes, (perso ch’suis chochotte) et j’estime que l’épreuve se suffit à elle même pour ne pas rajouter de difficultés inutilement.
    Encore toutes mes félicitations. Rendez vous pour ton commentaire de la Spin race 2019.
    LOLO

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