[CR] Tourcoing Oudenaarde

 

Aujourd’hui j’ai encore décidé de faire des carrés en mode bivouac. Je prévois de faire une trentaine de kilomètres le samedi, de bivouaquer et de finir par une petite cinquantaine de kilomètres le dimanche.

Pour partir, c’est simple, je prends le métro pour atteindre la limite de Tourcoing qui est aussi la limite de ma zone explorée dans StatsHunter, ça commence bien glamour avec une scène de ménage dans le métro. Une fille reproche à son copain que sa fille a lui ait joué avec son rouge à lèvres. La gamine a moins de 5 ans. C’est triste, cette scène me fait de la peine.

A Tourcoing la ville que je découvre n’est pas très glamour non plus. Je retrouve ma petite famille, encore dans les explications, se dirigeant vers de sombres HLM. Je jardine un petit peu pour passer la frontière, une voyette, que j’avais repéré, débouche sur un haut mur. Je fais machine arrière et par chance je tombe sur un champ de moutarde en fleur, la lumière est belle, c’est la fin de la journée. J’en profite pour faire une photo que je poste à Manu qui est dans les enduits de sa nouvelle maison.

La Belgique ne vaut pas beaucoup mieux que la France à Mouscron, beaucoup de magasins de tabac, des rues pas très folichonnes. J’achète des saucisses sèches dans une boucherie ouverte ce dimanche après midi. On parle français à Mouscron.

La lune s’est levée, elle est presque pleine, c’est très beau mais je n’arrive pas bien à la photographier. A la sortie de Mouscron, a l’endroit où un autoroute enterré ressort de terre, un très joli château fort au bord de larges douves. Ma photo n’est pas mal.

Ensuite vient une grande zone industrielle, les joies de StatsHunter qui nous fait découvrir des endroits où nous serons ravis de ne plus jamais y retourner.

Enfin de la campagne, pas beaucoup d’endroits sympa pour bivouaquer, mais j’ai prévu de me coucher plus tard, alors ça va.

J’arrive à Bellegem, un joli petit village où je crois que je vais retourner, il y a un superbe bâtiment en briques, très moderne, au centre du village, c’est l’ancienne brasserie Bockor, je repense à Lolo qui sait lire en phonétique. Maintenant elle s’appelle la brasserie Omer Vander Ghinste, elle a sa page dans la wikipedia. On est au bord de mon parcours dans le land van Mortagne et je me demande si je ne vais pas faire une petite déviation du parcours initial pour inclure cette très belle brasserie dans le parcours.

J’ai faim, ça tombe bien, il y a là un Eetkaffe, c’est De Koekeliere, un endroit vraiment sympa où j’espère que j’aurais l’occasion de retourner, l’endroit est bondé, une clientèle assez chic, ils m’accueillent malgré mon allure de vagabond, ils ne parlent pas un mot de français, la cuisine est très bonne et la présentation très soignée.

Je repars dans la nuit, la pleine lune passe derrière de légers nuages, j’éteins ma frontale pour mieux profiter de l’atmosphère, j’observe mon ombre sur le sol éclairé par la lune, c’est magique.

Une propriété m’impressionne, c’est une vieille ferme entourée d’un immense parc bordée par une haie de hêtres ou de charmes taillés au cordeau et choisis évidemment pour leur qualité marcescente. C’est l’automne, j’arrive un peu à voir au travers de la haie, je distingue une sculpture monumentale éclairée par en dessous. Ça a l’air très raffiné. Je médite sur l’accumulation des richesses sur cette terre, pourquoi certains ont tant quand tant ont si peu ? Est ce que ça va craquer bientôt ? C’est bien possible, en attendant des caméras, montées sur des poteaux, veilles sur la tranquillité de cette propriété. Peut être que c’est une prison, la prison où un riche s’est délibérément enfermé ? C’est triste, je continue, je profite de ma liberté.

Je ne suis pas loin de 30 kilomètres maintenant, malheureusement j’arrive dans les faubourgs de Zwevegem, pas trop le genre d’endroit où je vais trouver un bon coin de bivouac, je décide de contourner ce village par sa périphérie et j’ai la chance de tomber sur un chemin de terre qui s’en écarte. J’ai trouvé mon bonheur, une zone herbeuse près de drôles de tuyaux qui sortent de terre, c’est une station de pompage de l’eau de la nappe phréatique. Sous le gazon il y a des plaques de béton ajourées, c’est très bien car j’ai oublié de prendre ma bâche. Je m’installe là, pas enchanté par ma trouvaille mais en ayant l’impression que j’aurais du mal à trouver mieux. Le sol est très dur, mon matelas Thermarest n’amorti plus grand chose. J’ai un mal de chien à m’endormir et je fais plein de cauchemars, je passe une mauvaise nuit, je n’aime pas dormir si près de la civilisation. Il n’y a pas de nuages mais trop de lumière pour voir beaucoup d’étoiles. Je crois voir une étoile filante, ou plus précisément je vois ce que je crois être une étoile filante. J’ai de la chance de vivre.

Le lendemain j’ai encore beaucoup de kilomètres à faire, il pleut, je n’ai pas trop envie d’en parler, pourtant le paysage était beau, le Koppenberg, l’Escaut, le mont de l’Enclus… En arrivant à Oudenaarde, la nature me gâte avec un arc en ciel sublime.

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