[Cr] ultra trail de l’Origole -110km – dnf

origole-2016

Je ne pouvais pas rater cette Origole pour plein de raisons.

  • C’est une course mythique pour pas mal de confrères. Oliv est monté sur le podium de l’Origole et beaucoup de monde a déjà eu l’occasion d’abandonner.
  • C’est une course compliquée pour la motivation (le mental chez les traileurs) avec le concept de boucle et le passage par le gymnase et surtout la voiture qui ne demande qu’à nous ramener à la maison.
  • C’est 1 mois avant The Spine et ça va permettre de tester du matos et de se préparer pour cette autre course mythique.

Donc comme l’Origole et The Spine font partie de mon panthéon j’y ai invité Manu qui rêvait plutôt d’une deuxième Sainté Lyon pour sa prépa Spine.

Simon nous a rejoint par surprise après avoir juré qu’ils ne courrerait (merde, je ne trouve plus mon Bescherelle) plus que des 10 kilomètres après son regrettable abandon à Courmayeur lors du dernier UTMB.

Ben était inscrit aussi mais il n’est pas venu pour d’obscures raisons. Le concept de « la course de trop » étant une phobie bien réelle et compréhensible. J’ai essayé de le pousser à venir mais il était déterminé le gaillard. Private joke : il m’a demandé une photo avec Caro mais j’ai refusé et je l’ai nargué par SMS car c’est quand même Caro, la première traileuse que j’ai reconnu en arrivant au Perray.

Donc nous voilà parti tous les 3 pour cette belle aventure. Suite à quelques impondérables Manu fait route tout seul et Simon m’emmène avec sa voiture.

La conversation est super. On se connaît depuis justement la précédente Origole 2 ans avant et on a partagé déjà plein d’expériences trailiennes ensemble. Les sorties confrérie, le trail des Bosses et les extraordinaires 10 peaks pour n’en citer que quelques unes. Donc entre tout ces souvenirs, toutes nos relations communes et aussi notre intérêt partagé pour les choses psychologiques on n’a vraiment pas vu le temps passer pendant les 3 heures de voiture jusqu’au Perray en Yvelines.

Là bas je ressort ma signature, mon chapeau de cantonnier Thaïlandais, et l’effet est presque immédiat. Un lecteur de ce blog m’aborde. J’adore. Il vit en Normandie, vient du Nord, connaît mon prénom et suit par internet les exploits des chevaliers. J’espère qu’on aura l’occasion de le voir en confrérie.

Bon, nous voilà parti et c’est à ce moment que devrait commencer un compte rendu en bonne et due forme. Mais comme vous savez, un compte rendu du genre « au ravito du trentième j’ai bu un café », ce n’est pas mon genre mais en voici quand même quelques éléments pour alimenter l’objet compte rendu.

Le compte rendu.

  • On part ensemble avec Manu. On profite de cette épreuve pour être un peu ensemble. Simon part devant car sa phobie c’est de me revoir.
  • Très gros ralentissement au début de la course lorsqu’il faut passer de la petite route de campagne au premier monotrace du parcours.
  • Je me sens fort mais c’est Manu qui prend la tête.
  • Il y a un vrai ravito au trentième. J’y bois un fond de vin mousseux, rempli ma gourde et repart sans m’attarder près du sympathique brasero.
  • Juste après ce ravito je tombe sur Manu et Simon. Je chambre Simon pour l’avoir doublé quand même et il se barre bien vite. Manu ne vas pas bien et parle d’abandonner. Démuni devant ce problème, je le laisse là et repars.
  • Par la suite il me rattrape, me double, je le redouble mais comme le sentier généralement très sinueux n’est pas propice à la conversation on n’a pas grand intérêt à courir ensemble et chacun mène sa barque comme il l’entend.
  • Pour moi la course est très longue. Pas beaucoup d’avance sur les barrières horaires de la première boucle. Les kilomètres défilent trop doucement, mon avance sur la BH s’amenuise,, je n’arrête pas de courir mais le doute s’insinue dans mon esprit. Je soupçonne les organisateurs d’avoir organisé une course uniquement pour l’élite avec un système mis au point pour éliminer la piétaille.
  • Je termine la première boucle un peu avant 4h du mat et dans ma tête la barrière horaire est fixée à 3h55 et ça me soulage. Je vais être éliminé sur BH mais c’est une noble raison qui va me permettre d’abréger ce putain de bloody calvaire.
  • En fait non la barrière horaire au gymnase est fixée à 4h55. J’exulte quand j’apprends la nouvelle car je voudrais quand même bien inscrire cet ultra Origole à mon palmarès et j’ai donc maintenant 1 heure devant moi pour me changer, profiter du ravito et repartir.
  • Je retrouve Simon au gymnase. Manu nous rejoint peut après. Il a très mal au genou et a décidé d’abandonner depuis déjà pas mal de temps. Simon et moi sommes encore assez frais mais la course bascule.

Les mauvaises raisons du DNF

  • On est encore bien mais la polaire de 2016 ressemble très fort à celle de 2014, et comme on s’en fout des chiffons…
  • Si on s’arrête là on ne sera pas les premiers à s’incliner devant l’Origole. Ça pourrait même renforcer le mythe alors…
  • On a déjà fait nos preuves en 2014 donc on n’a plus rien à prouver maintenant non ?
  • On n’en est plus à un DNF près et 110 c’est bien long quand même.
  • Repartir pour 8 à 10 heures dans le froid, bof bof…
  • On a aussi des trucs à faire ce dimanche et si on repart maintenant ça va pas être possible.
  • On est encore vachement bien, on pourrait facilement finir le truc mais toi Simon t’en a vraiment envie ?
  • Tu es sur que tu en as tant envie que ça ?
  • Si tu y va j’y vais mais si tu n’y va pas je ne t’en voudrais pas tu sais.
  • J’ai The Spine dans 1 mois et je voulais courir l’Origole pour l’entraînement. Les aspect matériels sont checkés, se rajouter 55 bornes ne servirait pas à grand chose de de ce point de vue.
  • Pour l’instant, tout va bien, il ne faut pas risquer la course de trop.
  • Remettre une goretex toute mouillée, pouah.

C’est sur ce dernier et décisif argument de la goretex mouillée qu’on a décédé d’en rester là. Maintenant on regrette un peu mais qu’est-ce que j’ai mal aux cuisses…

Un commentaire


  1. Salut,
    Je suis content d’être tombé par hasard sur ton blog en cherchant un avis sur des speedcross. C’est super d’avoir un reçit de course qui se focalise pas mal sur les aspects « mentaux » d’une telle course. Comme je suis une sorte de débutant confirmé dans le trail avec plusieurs 30km parcourus, j’en prend bonne notes pour préparer mon premier trail long – les 55km de la vallée des Lacs, à confirmer. En tout cas merci pour ton partage et bon courage pour tes objectifs 2017 !

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