Pas plus de 2 marathons par an

2 marathons par an

Voilà un adage qui trotte dans les têtes et qui pose quelques problème si on a envie de tâter de l’ultra. 15 jours après avoir couru le marathon de Paris en améliorant mon record personnel d’une minute je viens de courir ce week end un petit marathon « sortie longue » (départ de chez moi et arrivée chez moi, pas de dossard évidemment, 42.8km en plus de 4 heures) et j’ai envie d’écrire ce petit article au moins pour enfoncer cette évidence : l’adage « pas plus de 2 marathons par an » est stupide. Par contre, il faut bien voir que c’est une porte qu’on est obligé de démonter si on veut se lancer dans l’ultra (que la définition de l’ultra soit « distance supérieure au marathon » ou distance supérieure à 80 kilomètres).

Il se trouve donc qu’effectivement, une semaine après ce marathon de paris, je me suis inscrit sur une course sympa , les 6 heures de Loos et je n’ai réussi qu’à faire 30 kilomètre en 3 heures. J’aurais peut-être pu faire plus mais ma mauvaise conscience (j’avais l’impression d’exagérer) m’a interdit de continuer. Je dois reconnaître que je crois que mon corps m’a remercié pour cette sage décision. Une semaine après je me suis dit que si je m’écoutais trop j’allais plus jamais recourir (douleur dans la cuisse, tendons raides et chaud, mollets durs…) et je suis parti pour dépasser les 42 kilomètres rien que me montrer à moi même que cet adage était idiot.

J’avais déjà été victime de cette quasi phobie lors des 45 kilomètres du Trail Extrême Lillois que j’avais couru environ 1 mois après le marathon d’Amiens. En fait je crois qu’il faut se libérer de cette croyance castratrice et se lâcher plus et plus souvent. C’est vraiment comme ça que je le ressent.

Quelques réflexions sur le mantra « pas plus de 2 marathons par an »

  • Un marathon couru à fond abîme tout (muscle, tendons, articulation, système digestif, forme générale…) et il faut prendre beaucoup de temps pour bien récupérer de tout ces traumatismes.
  • Pour bien se préparer à un marathon on peut parler de 8 à 12 semaines. On ne peut donc pas être au top sur plus de 2/3 marathon par an.
  • Les meilleurs du monde n’essaient pas d’améliorer leur performances (ou le record du monde) sur plus de 2 marathons par an (je ne sais pas si c’est vraiment vrai).
  • Pour des grands débutant 2 marathons par an c’est déjà sans doute incroyable.
  • Une préparation de marathon sérieuse et intensive avec des fractionné courts, et des sorties au seuil ça peut-être épuisant et les blessures ne sont pas rares durant cette période. Du coup ça donne la fausse idée au marathonien que courir est dangereux.
  • Il faut voir que la foulée développée pour les ultra (ultra-trail et ultra-marathon) est beaucoup moins traumatisante que celle du marathon (et de sa préparation intensive) et que l’organisme est finalement moins sollicité.
  • Je garde la mémoire de mes blessures (tendinites, déchirures…) et la mémoire des sorties faites alors qu’il ne fallait pas les faire (toujours ce stress de la préparation marathon) tandis que dans le monde « ultra » les blessures et faiblesses sont à peu près les mêmes mais elles ne se développent pas forcément de la même façon. Au contraire par exemple pour les 6 heures de Loos, alors que j’étais prèt à ne rien tenter à cause d’une « douleur » (je devrais plutôt dire une crainte de douleur) dans le pied c’est une douleur dans la cuisse qui est apparue assez rapidement. Mes nouveaux mantra dans le domaine sont « il faut soigner le mal par le mal » et « il ne faut pas trop s’écouter ».
  • Le monde du marathon est régi par le sacro-saint « programme d’entraînement » alors que le concept même de programme d’entraînement est quasiment saugrenu dans le monde de l’ultra. Il y a moins de marché (la seule revue spécialisée est d’ailleurs morte faute de lecteurs), moins de gourous, moins de gens demandeur de secrets et d’astuces et plus de coureur au feeling ou à la sensation qui se retrouvent là parce que ça leur fait plaisir et puis c’est tout.
  • Certains courent un marathon par jour et n’ont pas l’ai de se porter très mal.
  • Ceux qui profèrent ce genre d’ânerie sont souvent assis derrière un bureau, un stéthoscope autour du coup et n’ont peut-être même jamais fais le tour du pâté de maison en courant.
  • De même que pour ceux qui se prépare à un marathon, un semi marathon n’est qu’une toute petite sortie longue, de même pour celui qui prépare un 100 kilomètre, le marathon n’est qu’une promenade d’échauffement.

Conclusion :

Je ne lui dirai rien mais le prochain qui me dira « on ne doit JAMAIS courir plus de 2 marathon par an » est déjà un scrogneugneu

3 commentaires


  1. Pas tout-à-fait d’accord.
    Je suis tout-à-fait en désaccord avec « il ne faut pas trop s’écouter » et .« il faut soigner le mal par le mal » Je crois au contraire qu’il faut beaucoup s’écouter pour éviter les blessures. Je connais beaucoup de personnes qui ont commencé l’ultra et qui sont empêtrés dans les blessures.
    Sinon, je suis un programme d’entrainement (bouquin de Guillaume Millet). Ce programme d’entrainement tient en 10 lignes. Pour chaque semaine, il est en gros marqué « charge faible », « charge moyenne », « charge forte », … C’est juste un guide pour bien me fixer mes phases d’entrainements intensifs et mes plages de récupération. Ce n’est pas un plan d’entrainement très précis.
    Sinon, moi je fais bien sur plus de 2 marathons par an. L’année passée, j’ai couru 7 courses de plus de 42 km.

    Christophe

    Répondre

  2. Merci pour ces arguments. Note que cet article a été publié dans la catégorie « humeur » et j’espère que personne ne suivra aucun de mes conseils sans y mettre une pincée (ou un gros bloc) de sel…

    Sur la question de « soigner le mal par le mal » c’est un peu une provocation que je me suis permis. Ce que je veut dire c’est qu’à l’inverse, si on est trop sensible à ses petites faiblesses passagères (un tendon qui se fait sentir, l’impression d’une micro déchirure dans un muscle…) et qu’on attend systématiquement de ne plus rien ressentir avant de poursuivre dans la pratique sportive on se prive de belles sorties cool dans la nature et que ces sorties cool peuvent aussi servir à soigner les blessures (voir peut-être le concept de « sortie de récupération » et de « récupération active »).

    Pour l’entraînement tu confirmes mon impression. On est loin des programmes d’entraînement de marathon avec des séances réglées au poil de cul (exemple de sortie de mon plan marathon préféré : 8×45/s/30s + 9x 30s / 30s 1 minute 15 secondes entre les séries). Merci pour le rappel sur le bouquin de Guillaume Millet, il va falloir que je finisse par me l’offrir un de ces jours.

    dans tes 7 courses de plus de 42 kilomètre tu compte aussi les sorties off et les sorties longues d’entraînement ?

    Répondre

    1. En fait mes sorties off ou sorties d’entrainement dépassent très rarement les 42 km. En 2012, j’ai dépassé les 42 km qu’en course officielle. Par contre, dans les 7 courses de 2012, il y en a plusieurs que j’ai fait dans l’état d’esprit d’un entrainement (allure tranquille).

      Répondre

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.