[Récit – guide] Intégrale de la Rota Vicentina

Zambujeira
Zambujeira

Nous avons décidé de faire l’intégrale de la Rota Vicentina option Trilho dos Pescadores dans le sens classique c’est à dire en partant de Santiago do Cacém. Nous avons fait cette grande randonnée les 2 premières semaines d’août en respectant globalement les étapes recommandées, sans avoir réservé aucun hébergement mais avec une tente très légère dans le fond du sac à dos.

L’expérience aura été une super réussite et ce compte rendu un peu long pourra servir de guide pour d’autres qui seraient intéressés par la Rota Vicentina.

De Faro à Santiago do Cacém

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Murailles de la citadelle de Faro

Notre avion arrivant à Faro c’est donc à Faro que ce voyage a commencé pour nous. Pour arriver à Santiago do Cacém depuis Faro nous avons repéré un train direct qui permet d’atteindre Ermidas Sado, un village situé à une trentaine de kilomètres de Santiago do Cacém.

Nous n’avions pas pris la précaution de réserver ce train en avance et ce n’est pas malin car le train était complet le jour du départ.

Nous avons étudié sur place une alternative en bus mais ça n’a pas été possible et nous avons donc négocié avec le contrôleur une place dans le wagon restaurant et il a été très compréhensif comme souvent les Portugais sont.

Ermidas Sado

La gare de Ermidas Sado
La gare de Ermidas Sado

Arriver là à 16h un dimanche de fin juillet c’est dépaysant. On se croirait dans un décor abandonné d’un western de Sergio Leone. Pas un chien dans les rues, un soleil de plomb, des maisons basses et sans toit, le réservoir d’eau perché en hauteur…

Heureusement 2 bistrots sont ouverts. On prend un café, on remplit les bidons et en route pour 8 kilomètres sous un soleil de plomb avant d’atteindre le camping.

Traversée d’un genre de savane où les baobabs auraient été remplacés par des chênes liège. Des cigognes ont fait leurs nids sur les pylônes électriques d’une ligne à haute tension.

Camping naturiste Monte Naturista do Barão

C’était notre première expérience de naturisme et passées les premières minutes de gêne on se sent bien complètement à poil.

Un des employés du camping est très sympa. Il arrive à nous trouver des trucs à manger. Il a le syndrome d’Asperger. Il évoque la fin du monde en faisant remarquer que si elle arrivait nous serions les derniers au courant dans ce camping du bout du monde.

Ambiance très sympa. On passe 2 nuits là et une journée de farniente au bord de la piscine.

Prévoir du ravitaillement car on n’y sert pas à manger tous les jours.

Petit village de l’autre côté de la grande route. Dans ce voyage 2 cafés côte à côte. Pâtisseries un peu minables dans le deuxième. On n’a pas testé le premier.

Avant de partir je note une partie de la liste des plages naturistes du Portugal

  • Praia do malhão
  • Praia do salto – Porto Covo – source d’eau douce sur place
  • Praia do monte velho – Santo André
  • Praia do sissal

Rétrospectivement cette liste n’est pas du tout indispensable tant sont nombreuses les belles plages désertes le long de la Rota Vicentina.

Route de Barão à Santiago do Cacém

Paysage sur la route vers Santiago do Cacém
Paysage sur la route vers Santiago do Cacém

Bon chemin sans bitume mais avec beaucoup de poussière. Porcs noirs, chèvres, moutons, vaches…Souvent de la savane avec des chênes liège.

Traversée d’une nationale. Une cigogne a raté le départ pour l’Alsace. On la plaint, seule sur sa cheminée d’usine sous un soleil de plomb. Très peu d’ombre et aucun point d’eau sauf au village de Abela.

A Abela, resto ouvrier génial. Cantinho do Petisco. Cet endroit me rappelle les restaurants ouvriers où mes grands parents organisaient parfois des repas de famille en Bretagne. On demande à avoir comme nos voisins : un ragoût poulet lapin légumes. Nos voisins parlent français, ce sont des retraités qui ont passé 30 ans à Lyon. Ils sont très très contents de voir des français. Ils nous proposent de nous vendre leur maison. Stupidement je décline l’invitation. Cela aurait été bien de prolonger la rencontre et de visiter un intérieur.

La section d’Abela à Santiago do Cacém nous paraît bien longue. Plantation d’eucalyptus. On se demande à quoi ça sert, manifestement ils ne les laissent pas se transformer en grands arbres.

Santo Santiago do Cacem.

Restaurant avec du gibier : Deolinda. On n’y va pas car c’est loin du centre et on en a plein les bottes après 26 km sous le cagnard.

Meilleur resto : Mercado a Mesa. Extraordinaire. Très bonne cuisine, gastronomique,  assez copieuse, très locale et 3 à 4 fois moins cher que l’équivalent en France. Une soupe en entrée, gratin de morue pour madame et ragoût de mouton pour monsieur.

Guest House A Cocheira. Sympa, marrant mais un peu cher pour ce que c’est.Petit déjeuner pas avant 8h et c’est bien dommage car les heures fraîches sont les plus agréables quand il fait très chaud. Le plus énervant aura été d’entendre dire « avant 8 heures, pas de pain frais » et de voir arriver la patronne les bras chargés de pain 2 minutes plus tard.

Au petit déjeuner on rencontre un couple de randonneurs belges qui nous disent que l’on peut se restaurer à Paiol, à 13 kilomètres de Santiago do Cacém. Ils ont une carte qui permet de s’y retrouver mieux que l’application Locus que j’utilise.

De Santiago do Cacém à Vale Seco

Avant Santiago do Cacém
Avant Santiago do Cacém

On prend le départ de la Rota Vicentina qui part d’une église. Il y a là un château fort et un paisible cimetière.

Juste avant les ruines d’un couvent du XV ème on voit des chèvres dans des arbres et il y a une très vieille dame toute sèche qui s’occupe d’un grand potager.

A Paiol c’est pas trop indiqué sur place. À la patte d’oie les belges ont dit de prendre à gauche. Chorizo fumé, salade de tomate concombre, tranche de gâteau au chocolat, part de melon, verre de vin rouge et café au café Catarino. On est bien. Des ouvriers agricoles boivent du « moscatel » avec leur café. On refait de l’eau avant de repartir.

le bistro de Paiol
le bistro de Paiol

Vale Seco

Normalement Vale Seco est une étape mais il n’y a pas de logement. Juste un petit bistrot où nous prenons une bière dans des verres pas très propres.

Le baby fot du bar de Vale Seco
Le baby foot du bar de Vale Seco

A Vale Seco il y a une « nouvelle » possibilité d’hébergement : Terra Verde. Je vous laisse chercher s’ils ont un site internet.

De Vale Seco à Cercal do Alentejo

 

Entre Vale Seco et Vale das Éguas sur la Rota Vicentina il y a aussi la possibilité de dormir à Moinhos do Paneiro. 2 moulins à vents aménagés en eco musée. On peut y dormir et il y a une petite piscine. Réservation probablement indispensable.

Vale das Eguas

Notre idée était de trouver le restaurant du village, d’y dîner et ensuite d’aller bivouaquer avec la Hubba Hubba NX près du lac Barragem de Campilhas. Problème le resto de l’entrée du village quand on vient de Vale Seco, le Casa Fonseca ne sert pas à manger le soir. On a du se contenter d’un casse croûte au jambon cru et d’un petit fromage de chèvre. Délicieux quand même.

Bivouac au bord du barrage de Barragem de Campilhas.

Barragem do Campilhas
Barragem do Campilhas

On se baigne et on se lave dans un endroit désert et merveilleux. On dresse la tente sur de l’herbe verte. Au matin on est trempé par la rosée. On n’a presque plus d’eau et malheureusement il n’y a rien aux alentours du barrage à part une stèle énorme et cylindrique à la gloire du dictateur Salazar qui a fait construire ce barrage.

On meure de soif. J’ai envie de me laver les cheveux et décide de profiter du prochain abreuvoir pour les vaches pour faire un brin de toilette. Malheureusement on ne trouve pas d’abreuvoir et on atteint le premier café de Cercal avant que je n’ai pu réaliser mon projet.

De Cercal do Alentejo à Porto Covo

Ici on quitte la Rota Vicentina Caminho Histórico qui passe par l’intérieur des terres pour longer la cote en suivant le Trilho dos Pescadores et la mer ne nous le fera pas regretter…

Cercal do Alentejo
Paysage peu après Cercal do Alentejo

Comme on arrive à Cercal do Alentejo à midi c’est bien pour manger et on trouve une place au restaurant Chef Luis qui est sûrement une bonne adresse vu l’affluence du jour. On se régale avec un rizotto au tamboril (lotte) et crevettes. Après le repas on part faire une sieste à l’ombre d’un pommier et retourne ensuite au bourg pour y trouver une piscine pour se laver. Pas de piscine d’après l’épicière et donc on se charge de 3 litres de flotte de plus pour trouver tranquillement un coin de camping sauvage avec une rivière pour faire notre toilette.

On continue donc tranquillement en cherchant un endroit où faire notre toilette et on ne trouve qu’un tout petit ruisseau, bien des kilomètres après Cercal do Alentejo, on se désappe et on se sert d’une petite bouteille de plastique pour se laver. Comme de bien entendu, alors que ça fait des heures qu’on n’a pas vu personne, un paysan passe dans son 4×4. On est très gêné mais quand même, l’expérience est marrante et on repars à la recherche d’un coin tranquille ou planter la tente.

On est arrivé dans une plaine cultivée et habitée et c’est compliqué de trouver un bon coin pour planter la tente. La nuit tombe et on trouve heureusement un endroit acceptable, à coté d’un champ de vigne et au bout d’un dépôt d’ordures. Finalement on y dors bien et il y a une drôle d’herbe verte et moelleuse.

Fonte de Mouro

On a cherché le resto indiqué par la carte OSM que l’on utilise avec Locus pour y prendre notre petit déjeuner mais on ne l’a pas trouvé. La route bitumée est très dangereuse.

Ilha do Pessegueiro.

Douche publique bien agréable quand on descend de la montagne.

Ilha do Pesseiguirro
Ilha do Pesseigueiro

Porto Covo

On y reste 2 nuits et c’est un très bon endroit pour se poser un peu. Il y a plein de très belles plages pas trop fréquentées. Les resto sont bons et pas cher…

Porto Covo
Porto Covo

Marquês : Meilleur glacier du village ? En tout cas un des rare qui vende des vrai crèmes glacées. Ils ont aussi une spécialité, c’est le gâteau Marqueses (amêndola, laranja e gila). Délicieux, une galette des rois en miniature.

Camping de Porto Covo : Ce camping n’est pas cher mais over booké. Nos voisins sont très bruyants. Les sanitaires sont sous dimensionnés et c’est la queue à la douche tous les soirs. Par contre il est tout près du centre et c’est pratique pour aller se restaurer.

De Porto Covo à Vila Nova de Milfontes

La côte est très belle. Une falaise déchiquetée tombe dans la mer. À un moment on contourne une très grande dune.

Comme souvent en bord de mer sur la Rota Vicentina des camping car polluent le paysage.

Crique entre Porto Covo et Vila Nova do Milfontes
Crique entre Porto Covo et Vila Nova do Milfontes

On désescalade la falaise pour profiter d’une belle plage déserte avec des grosses vagues.

A 3 kilomètres du bourg de Vila Nova de Milfontes on retrouve la civilisation sous la forme et les formes de 2 jeunes allemandes qui se trémoussent, seins nus, sur une musique electro ambiant. C’est féerique.

Vila Nova de Milfontes

Depuis notre arrivée au Portugal on se demande où vont tous les gens qu’on a vu débarquer de l’avion. A Vila Nova de Milfontes on obtient une partie de la réponse. On y loge au Camping Campiférias. Poussiéreux mais calme.

On fait une balade vers le port. C’est trop touristique pour nous. On décide de n’y rester qu’une nuit. On mange un délicieux ragoût de poissons dans un petit resto du côté du camping.

Madame est crevée. Je la couche et écrit ces lignes, un verre de Porto à la main. On est bien au Portugal sur la Rota Vicentina. Demain l’étape c’est Longueira-Almograve et on dirait qu’il n’y a pas de camping là bas. Ma mission c’est de checker hotel.com booking.com et airbnb pour éviter le camping sauvage mais ça ne donne rien et, grâce à la carte qu’on a trouvé à Porto Covo je repère un camping pour l’étape suivante à Zambujeira do Mar. En plus on dirait qu’il y a plusieurs possibilités de se ravitailler entre Almograve et Zambujeira.

De Vila Nova de Milfontes à Almograve.

Le ferry de Vila Nova de Milfontes
Le ferry de Vila Nova de Milfontes

La section commence super bien avec un ferry et un nautonier un peu poète. Pour moi des vacances sont réussies quand il y a un moment en bateau et là c’était un moment sublime, dans la lumière douce du matin, avec le chien du nautonier, le très joli bateau et les 4 kilomètres de route nationale ainsi évités.

On rencontre beaucoup de randonneurs, un groupe de 3 garçons et 2 couples dont un de français avec qui nous échangeons quelques mots.

Le sentier est agréable, nous traversons plusieurs petites jungles avec roseaux et petits ponts de bois.

Il y a une petite falaise. Nous trouvons un mini sentier taillé dans le schiste qui nous conduit à une toute petite plage naturiste. Nous profitons des vagues et de l’eau cristalline. C’est bien les courtes étapes, cela permet de prendre son temps.

À Almograve on a prévu de faire du camping sauvage mais on fait quand même le tour des hôtels au cas où. Et bim, on trouve une petite chambre à 50 euros avec le petit déjeuner compris. On est aux anges. Le petit déjeuner est un buffet mémorable avec des pâtisseries délicieuses (malheureusement pour ma ligne), du fromage, des œufs pochés, du jambon et un grand choix de fruits différents. L’endroit a une odeur particulière, cela me fait penser à l’odeur de la maison de ma grand mère bretonne à Kernouës.

De Almograve à Zambujeira do Mar

Côte sauvage, peu de plages.

On rencontre des jeunes français au bar restaurant de Cavaleiro. Ils campent aussi et voyagent sans gps avec carte et boussole. Ils sont impressionnés par la compacité de notre paquetage. Je leur présenté mon super matelas gonflable de 350 grammes. Lui nous parle de l’acidité de l’eau qui ne convient pas à tout le monde.

On pique nique à l’ombre d’un panneau didactique au Cabo Sardão. Le phare du cap est très joli.

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Cabo Sardao

Des nids de cigogne sont installés sur des crêtes qui plongent dans la mer. C’est très spectaculaire.

On se baigne à Praia do Tonel. On s’amuse bien dans les énormes vagues.

Les barbapapa de Entrada da Barca
Les barbapapa de Entrada da Barca

Entrada da Barca c’est très joli, très rustique aussi. Il y a aussi là une grande propriété assez étonnante qui me fait penser à un caravansérail construit dans le style barbapapa.

Arrivés à Zambujeira do Mar on nous propose une chambre chez l’habitant (un quarto) et on accepte. Notre logeuse a travaillé à Bruxelles dans sa jeunesse. Elle nous parle en Français et évoque son souvenir de voyage en train de Lisbonne à Bruxelles en passant par la gare d’Austerlitz.

Pour le petit déjeuner on fait la queue à la padaria (boulangerie). On pense souvent ici à une France des années 60, avant l’invasion de la grande distribution.

De Zambujeira do Mar à Odeceixe

On commence à avoir nos petites habitudes et donc on profite encore une fois des belles vagues de l’océan Atlantique sur une belle plage a environ 8 kilomètres de Zambujeira. Il y a une cascade d’eau douce qui nous permet de nous rincer après notre bain de mer.

On se restaure comme prévu à Azenha do Mar. On parle un peu avec 2 randonneuses que nous croisons depuis 2 jours. Ce sont des italiennes. La parole du jour est donc en italien : troppo sabbia. Et c’est vrai que c’est pénible ce sable mais c’est une des caractéristiques de la variante Trilho dos Pescadores de la Rota Vicentina. Une des 2 italiennes me questionne sur mon tshirt UTMB. Elle connaît la TDS, elle a été bénévole sur la course.

Après Odeceixe on rejoint la Rota Vicentina Caminho Histórico on sera plus à l’intérieur des terres. Les villages seront sûrement moins balnéaires et plus typiques mais nos bains quotidiens vont aussi nous manquer (en fait non, tout faux, les villages restent malheureusement très balnéaires et on arrive à se baigner tous les jours).

Juste avant Odeceixe on tombe sur une plage naturiste. Les vagues sont énormes. On se régale. On décide d’aller manger à Odeceixe et ensuite de faire du camping sauvage.

Après notre bain de mer on a prévu de nous dessaler dans la rivière mais pas d’accès à la rivière sur la rive gauche. On finit par se doucher à la fontaine de la place du village. C’est très marrant, il y a pas mal de spectateurs dont les 2 italiennes du midi.

Ça traîne au restaurant et on quitte Odeceixe avec la nuit qui tombe. Pas cool pour choisir tranquillement le coin du bivouac. On grimpe jusqu’au moulin à vent et on se met à suivre le canal d’irrigation.

On trouve assez facilement un bon petit coin très tranquille pour installer notre micro campement. On est dans un bois d’eucalyptus, c’est très calme et on dors bien. Le matin on est réveillé par le bruit de la machette d’un vieux qui coupe des cannes.

De Odeceixe à Aljezur

La Rota Vicentina longe le canal d’irrigation pendant plus de 10 kilomètres.

Bivouac au bord du canal à Odeceixe
Bivouac au bord du canal à Odeceixe

On s’arrête pour boire un café à Maria Vinagre. Le resto propose des omelettes. On en commande 2 et on se réjouit de cette chance. Malheureusement la cuisinière vient nous dire qu’avec cette chaleur les poules ne pondent plus et qu’il n’est donc pas possible de nous servir ces omelettes. On est désolé. On repars vite car on sent qu’il va faire très très chaud ce jour là.

Ça continue le long du canal jusqu’à Rogil.

Rogil : un peut ras le bol du canal
Rogil : un peut ras le bol du canal

A l’entrée de Rogil café très chic. Museu da batata doce. Ça a l’air bien pour manger mais malheureusement pour nous il est 11 heures du matin. On décide de faire 8 km de plus et de manger sur la plage.

On descend par un passage très escarpé entre Praia da Carreagem et Praia da Amoreira. Grosses vagues mais fond rocheux, on ne se baigne pas longtemps.

On se restaure comme prévu à Praia da Amoreira. Ambiance plage, service très très très long. On regrette Santiago do Cacém.

La route nous semble longue ensuite pour atteindre Aljezur. On longe un camping qui n’est pas indiqué sur la carte du côté de Martares.

Aljezur est un village avec une histoire médiévale et un château fort en haut de la colline. C’est très joli mais on est un peu stressé car on est à la recherche d’Ajolamento Local et on ne trouve rien. On est content de trouver de la place dans un dortoir dans le quartier neuf (Aldeia Nova) de l’autre côté de la rivière.

De Aljezur à Praia de Arrifana

L’étape est courte, environ 12 kilomètres mais il y a une variante qui prolonge un peu et que nous décidons de ne pas prendre pour une fois.

En quittant Aljezur on achète des figues fraîches au marché municipal.

On trouve aussi des figues séchées et ça me fait penser au tour du Mont Blanc qu’on avait fait avec feu mon père au début des années 80. On avait consommé beaucoup de figues à l’époque. J’ai l’impression de revivre ce bon souvenir. Il y a la question de l’étape du jour, celle du pique nique du midi, les découvertes du parcours, les changements de paysages, la rencontre d’autres randonneurs, la crainte de ne pas trouver à se loger à la fin de l’étape , les jambes lourdes en fin de journée, le partage des petits plaisirs, la satisfaction du devoir accompli, les nuits qu’on aimerait plus longues… Les GR seront peut être toujours les GR…

Cistes huileux et paysage
Cistes huileux et paysage entre Aljezur et Praia do Arrifana

Arrivés à Arrifana Beach on trouve de la place dans un dortoir dans une auberge de jeunesse. 17 euros la nuit petit déjeuner compris on ne demande pas plus.

A midi on trouve un restaurant grâce à Trip Advisor et ça nous fait penser au belge de Santiago do Cacém qui n’était pas fier d’utiliser cette astuce. En tout cas on n’a pas du tout regretté notre resto.

Le restaurant Oceana : Il ne paye pas de mine, au premier étage au dessus d’un snack bar mais on s’y est bien régalé : bonne sangria, salade de pieuvre, et carottes épicées à l’apéritif. Moules à l’ail et au persil en entrée et sublime dorade grillée en plat de résistance accompagnée de bons petits légumes cuits à l’eau dont une délicieuse patate douce. Excellente tartes aussi au dessert. On décide d’y retourner pour le dîner.

De Arrifana beach à Carrapateira.

La plus longue des étapes avec 500 m de dénivelé positif d’annoncés et pas trop de possibilité de ravitaillement. On part tôt et on s’attend â une dure journée mais finalement ça passe tout seul. On arrive pile à midi au petit resto de Bordeira mais on n’y traîne pas car on a notre pique nique.

Entre Arrifana et Carapateira
Entre Arrifana et Carapateira

Pique nique au bord d’un petit lac juste après Bordeira et arrivée à Carrapateira à 14h.

La première pension qu’on trouve est complète (Pensão das Duna), ils proposent de nous donner un sofa si nous ne trouvons rien dans le village. On décide d’aller faire une sieste. On pars vers la côte et on dors sous un pin. Après la sieste on parle de bivouac et on poursuit vers la côte et on fait bien car le paysage est sublime avec des falaises majestueuses et plein de rochers dans la mer. C’est une vrai carte postale.

Carte postale de Carapateira
Carte postale de Carapateira

On boit une bière au resto Sito do Forno, on se baigne à Praia do Amado, il n’y a pas de vagues, et on retourne au resto pour le dîner.

On bivouaque à 300m du resto. On est dans les dunes. On profite du silence de la nature et on se dit que le camping sauvage c’est beaucoup mieux que le camping normal. Au Portugal on sent que cela ne pose pas de problème quand on voit le nombre de camping car qui encombrent le paysage.

De Carrapateira à Vila do Bispo.

Le paysage est joli. On longe une rivière asséchée. Il y a plusieurs installations d’artistes dans la vallée.

Ferrailleur dans la campagne portugaise
Ferrailleur dans la campagne portugaise

On arrive à Pedralva, un village très bizarre, presque entièrement rénové, quasiment aseptisé, plein d’enfants aux cheveux blonds jouent dans les ruelles, ils ont l’air de parler espagnol . On se dirait un peu dans un hôtel club. On se sent prisonnier au bout de 5 minutes. La pizzeria sécessionniste est fermée le dimanche midi, il n’y a pas d’épicerie, on est obligé d’attendre midi et demi que le restaurant ouvre.

Finalement on y mange très très bien dans ce restaurant et en plus on y retrouve les 2 français que nous ne cessons de croiser depuis Vila Nova de Milfontes. C’est la première fois que nous mangeons ensemble. Ils s’appellent Céline et Xavier. Ils sont parisiens. Ils nous parlent de leurs logements réservés par internet qui étaient de qualité inégales. La veille, à Carrapateira, ils ont été accueillis dans une petite communauté qui cultive et consomme ses propres légumes.

À la table d’à côté des artistes de la communauté de la vallée se sont arrêtés pour prendre une bière. Ils reviennent avec la remorque de leur 4×4 chargée de fumier. Sans doute pour amender la terre qu’ils cultivent.

Ferme désolante sur le plateau après Pedralva
Ferme désolante sur le plateau après Pedralva

La fin de l’étape est assez roborative avec un plateau rempli d’éoliennes interminable à franchir.

À l’entrée de Vila do Bispo il y a un stade flambant neuf et une plaque indique qu’il a été inauguré en 2007. Ça fait penser à la crise financière et à la gabegie qui a du régner ici juste avant la crise. Ce stade m’a vraiment l’air d’être aussi sous utilisé qu’il est sur dimensionné.

Finalement on arrive à Vila do Bispo et l’hôtel est complet mais ils acceptent quand même de nous filer leur salle de massage pour 60 euros avec petit déjeuner. Encore une fois on a de la chance sur la Rota Vicentina.

Four à pain dans la nuit à Vila do Bispo
Four à pain dans la nuit à Vila do Bispo

Pour dîner le soir Trip Advisor nous conseille le restaurant juste en face de l’hôtel et ses calamars fourrés à la viande. Nous nous y installons dès l’ouverture à 19h et c’est tout de suite plein avec des gens qui attendent leur tour à la porte. Tout le monde a l’air de connaître l’histoire des calamars farcis car c’est ce qu’ils mangent tous. Et nous aussi bien sûr et on se régale et on réjouit d’être là.

Au petit déjeuner on retrouve Céline et Xavier qui ont dormis dans le même hôtel. On se gave parce que comme c’est le 15 août on a peur de ne pas trouver d’épicerie pour nous approvisionner en fruits pour notre pique nique.

De Vila do Bispo à Cabo de São Vicente.

On trouve quand même une épicerie ouverte à la sortie de Vila do Bispo et on attaque la dernière étape de la Rota Vicentina.

Le chemin longe une côte déchiquetée et très belle. À 1 kilomètres du cap on trouve une miraculeuse, minuscule et déserte plage de sable au fond d’une crique sublime et à l’abri du vent. On en profite pour prolonger notre présence sur la Rota Vicentina et on s’y baigne dans une eau encore une fois cristalline et turquoise.

La dernière crique de la Rota Vicentina avant Cabo Sao Vicente
La dernière crique de la Rota Vicentina juste avant Cabo Sao Vicente

L’arrivée au Cabo São Vicente est un peu décevante. On était habitués au calme et à la solitude et de voir tout ce monde dans un paysage pas particulièrement exceptionnel par rapport à tous les ceux qu’on a pu découvrir les jours précédents ne nous réjouit pas plus que ça.

On boit quand même la dernière bière Sagres de la Rota Vicentina, on ne médite pas beaucoup sur la pointe de l’Europe et je trouve bizarre que sir Francis Drake soit évoqué dans les souvenirs shops.

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