[Test] Inov-8 Trailroc 245

Inov-8 Trailroc 245
Inov-8 Trailroc 245

Ça fait pas mal de temps que j’ai envie de courir avec des Inov-8 aux pieds. Je ne sais pas trop bien pourquoi mais cette marque m’attire et comme elle n’est pas distribuée en France en ce moment, j’ai profité d’un passage à Bruxelles pour aller en acheter chez Trakks qui les diffuse là bas.Avant de parler des TrailRoc 245, quelques remarques sur la marque Inov-8.

  • Comme pour toutes les autres marques, rien n’est fait « par chez nous ». C’est une marque dite anglaise mais les chaussures sont fabriquées en Chine, très probablement dans une usine de Yue Yuen qui travaille pour plein de marques de chaussures de sport différentes.
  • Inov-8 c’est quand même censé être conçu en Angleterre et j’aime bien l’Angleterre.
  • Chaussures souvent plus ou moins minimalistes.
  • Pour nommer leurs chaussures, Inov-8 utilise le poids d’une chaussure de pointure 8.
  • Le drop est indiqué par un nombre de chevrons sur l’arrière de la semelle.
  • Le look des chaussures Inov8 est souvent assez réussi.
  • Il existe une d’autres versions des Trailroc. Chez Trakks ils avaient aussi la Trailroc 255 qui a un pare pierre plus développé.

Bon maintenant quelques observations sur ces Trailroc 245.

  • Ce ne sont pas les plus minimales des chaussures d’Inov-8 puisqu’il existe par exemple les Trailroc 150 que je n’ai pas vu dans ma boutique bruxelloise.
  • Un seul chevron sur l’arrière de la semelle indique un drop de 3mm (c’est très peu)..
  • Dessus de la chaussure réalisé dans une sorte de tricot d’une seule pièce. J’espère que c’est solide.
  • Renforts en plastiques reliant les œillets des lacets à la semelle.
  • Quasiment pas de pare pierre sur ces Trailroc. Une petite surcouche de caoutchouc sur l’avant du pied, rien sur les cotés.
  • Chaussant très très large. Les Trailroc 245 sont indiquée « Standard fit » par Inov-8. Chez Inov-8,  il existe d’autres modèles de type « precision fit » qui offrent une toebox moins ample.
  • Lacets tressés plat un peu comme celui des Lafuma Speedtrail V300. pas de pochette pour les ranger, possibilité de les passer dans un trou supplémentaire pour réduire la taille des boucles et mieux tenir le pied.
  • Languette plutôt fine et les lacets passent dans un petit passant en haut de la languette.
  • Tige de la chaussure assez souple et un peu du genre de celle des Skechers Go bionic trail.
  • Semelle assez souple. Pas aussi souple que les Skechers mais dans le même genre. On peut facilement replier le bout de la semelle.
  • Crampons taillés pour le rocher mais probablement correct dans la boue. Comme ils sont assez écartés, ils ne doivent pas trop retenir la terre.
  • Crampons de 4,5mm d’épaisseur ni trop adapté aux terrains vraiment mou ni trop pour les terrains vraiment durs.
  • 3 couleurs de gomme. On imagine qu’il s’agit de qualités différentes.
  • Semelle assez rigide au niveau du talon.
  • Semelle quasiment plate, sans effacement au niveau du talon et avec une légère remontée au niveau des orteils.

Test des Inov8 Trailroc 245

1 heure sur la montagne de Wervicq.

 

Le midi, je coure souvent sur la montagne de Wervicq, et j’en ai profité pour aller y tester mes nouvelles chaussures de trail.

  • Après avoir chaussé les Trailroc pour la première fois, ce qui m’a tout de suite étonné c’est la super foulée que permettent ces chaussures. Même sur le bitume entre le vestiaire de mon usine et la montagne de Wervicq, c’est un plaisir de courir. Il se peut que quelques années de travail d’une foulée minimalistes commencent à porter leur fruit.
  • Sur le bitume les Trailroc ne tapent pas, très bon déroulé de la foulée.
  • En bas de la montagne de Wervicq, il y a une allée avec un revêtement de cailloux grossier. On ressent bien les aspérités du terrain avec les Inov8. Difficile de juger de la protection réelle mais elle a l’air tout à fait convenable.
  • Pas moyen de tester les Trailroc sur rocher glissant à Wervicq. J’imagine que ça doit être pas mal.
  • Pour le premier laçage on se demande toujours comment faire. J’ai opté pour un laçage très serré. J’ai eu peur d’abîmer les renforts qui relient les œillets à la semelle mais les Trailroc ont tenu bon. Pas de problème pour ranger les lacets puisque rien n’est prévu. L’utilisation du dernier œillet aide a réduire la taille du problème.
  • Dans le bois de Wervicq, il y a une petite montée très raide. Le sol est une argile jaune bien glissante, il y a aussi un petit ruisseau qui passe par là en hiver, vous voyez le tableau ? Eh bien les Trailroc ne se comportent pas trop mal sur ce type de terrain. En montée les crampons accrochent relativement bien.
  • Quand on passe dans une flaque d’eau on le sent tout de suite, rien n’empêche l’eau d’entrer dans la chaussure. Comme le corollaire est aussi que rien n’empêche l’eau de sortir, ça me convient bien.
  • En descente sur ce petit raidillon glissant les Trailroc ne sont pas nulles mais j’y suis plus à l’aise avec des Lafuma Skyrace (à cause de la semelle en Vibram qui mord bien quand il faut) où avec les Speedcross qui ont les meilleurs crampons que je connaisse pour la gadoue.
  • On trouve souvent un commentaire sur la relance des chaussures dans les tests lus sur internet, malheureusement je ne peux pas trop vous en parler parce que je ne sais pas bien ce que relance veux dire.

Mon avis suite au test à Wervicq

Je suis très content de ces chaussures, je trouve qu’elles sont parfaites pour courir si le terrain n’est pas trop glissant. Pour des distances où je suis capable de courir tout le temps, il me semble que les Trailroc sont très bien. Pour des ultras où on fini en marchant, je vais continuer de rester fidèle aux Cascadia de Brooks.

542m de D+ sur le Mont Saint Aubert.

Le mont Saint Aubert c’est notre base pour faire du dénivelé positif dans notre coin. Ce matin on s’y est retrouvé à 4. 15 km, 542m de D+ d’après ma Suunto, de quoi compléter mes premières impressions suite à ma sortie à Wervicq.

  • Au mont Saint Aubert, il y a des cotes et des pavés. Sur les pavés mouillés, les Trailroc sont catastrophiques, bien moins bonnes que les Lafuma Speedtrail ou les Brooks Cascadia. Impossible de courir pour moi sur ces surfaces, on a l’impression d’avoir chaussé des savonnettes. Il faut quand même dire que je suis particulièrement nul en descente.
  • Pour les descentes rapides les Trailroc se comportent bien. Même s’il y a des cailloux on se sent bien protégé dans ses chaussures.
  • Quand il y a des flaques d’eau c’est simple, pas la peine de les éviter car l’eau rentrera tôt ou tard. Cela me convient parfaitement, je n’ai aucun scrupule à foncer droit dans les flaques et la gadoue avec mes Inov8. J’adore patauger dans la gadoue.
  • J’ai du déserrer mes lacets après quelques kilomètres. Des lacets trop serrés me donne des douleurs dans l’avant des tibias. Difficile de doser le serrage avec les Trailroc. Cela dit je n’ai pas eu peur de perdre mes pompes dans la gadoue comme ça peut arriver facilement dans l’argile gluante.

Conclusion et avis sur ce petit test au Mont Saint Aubert

En général j’ai bien aimé mes Trailroc. Sauf dans la gadoue où les Speedcross auraient vraiment été meilleures, je suis bien content de ma sortie avec elles. Je confirme mon idée de les emmener sur des sorties assez longues mais où on coure quand c’est possible. La semaine prochaine je suis inscrit au 65km du trail des bosses et j’hésite entre les Lafuma Speedtrail et ces Trailroc.

Suivi du vieillissement

Attéré par la faible durée de vie de mes pompes de trail, je guette l’apparition de faiblesses surtout au niveau du mesh. Je vais ajouter ici des photos au fur et à mesure de la dégradation des chaussures.

Point après 92km avec les Inov-8 Trail Roc.

Bon état général, RAS au niveau des crampons mais par contre quelques signes pas très bon au niveau du mesh. La situation est à peu près la même sur le pied droit et sur le pied gauche. La zone dégradée est située juste au dessus du petit orteil. On voit que les fibres du tissus sont toutes « ébouriffées ».

État du mesh des Trail Roc après 92 kilomètres
État du mesh des Trail Roc après 92 kilomètres

 

Technologie.

Cette section annexe évoque les baratins marketing utilisé par Inov-8 pour vendre leurs pompes.

  • Meta Flex : sillon à l’avant de la semelle qui permet une flexion naturelle de la chaussure au niveau des méta tarses.
  • TriC : semelle triple composants avec une gomme douce au niveau des orteils, une gomme endurante du talon aux métatarses et une gomme dure et adhérente au niveau de la voute plantaire.
  • Drop 3mm. Le drop mesure la différence de hauteur entre l’avant et l’arrière de la semelle. Plus le drop est petit plus la chaussure est de type minimaliste (sauf certaines pompes comme les Hoka qui peuvent avoir un drop faible mais une semelle uniformément très épaisse).
  • Meta-shank III : Structure en polymère alignée sur les métatarses qui améliore le « mécanisme de la contraction et de la flexion de l’aponévrose plantaire » tout en réduisant les impact sous le pied et la flexibilité  (Multi finger polymer Meta-Shank™ aligns with each individual metatarsal for increased benefit from the ‘Windlass Effect’, whilst retaining underfoot impact protection and flexibility).

Windlass Effect

Le système Meta-Shank III améliore l’efficacité du « Windlass Effect ». J’ai fait quelques recherches sur la traduction en français de « Windlass Effect » et je n’ai rien trouvé de probant. Déjà en anglais , on parle plus souvent de « Windlass mechanism » que de « Windlass Effect » qui a l’air d’être un terme propre à Inov-8. Windlass mechanism est souvent traduit par « mécanisme de treuil » (ou encore pire par « mécanisme de guindeau » dans Google traduction) mais, même si je ne suis pas docteur, il me semble que « mécanisme de treuil » ça ne veut à peu près rien dire en français quand on parle de la foulée même si certains proposent « mécanisme de la contraction et de la flexion de l’aponévrose plantaire » comme traduction de « Windlass mechanism ».  Tout ça a manifestement à voir avec le Fascia Plantaire qui entoure les tendons de la voute plantaire. D’après ce que j’ai compris de l’article de la Wikipédia sur Plantar Fascia (en anglais) le Windlass Mechanism est lié à la flexion vers le haut des orteils qui réduit la longueur de la voute plantaire et augmente la hauteur de l’arche plantaire. Ce mécanisme est, en tout cas, un élément important de la foulée.

 

 

Un commentaire


  1. je confirme, très très bonne chaussures pour plusieurs types d’activités. J’ai eu deux paires sur les 3 dernières années que j’ai utilisé aussi bien en trekking comprenant des pierriers et autres (avec sac de 10-15kg) que pour mes entraînements quotidiens de courses (principalement forêt/champs et un peu de routes) et je les adore.
    Malheureusement je confirme aussi la qualité douteuse du tissu. Par deux fois il ne m’a fallu que quelques mois pour me retrouver les orteils à l’air. J’ai pourtant pris une demi-taille au-dessus pour ma seconde paire mais rien à faire, le constat reste le même.

    Je regarde maintenant pour un autre modèle de chez Inov-8 également. On verra 🙂

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