[CR] Trail des poilus 2014 – 50km 1729m D+

trail des poilus 2014 - photo Christophe Szrama
trail des poilus 2014 – photo Christophe Szrama

Ce trail est vraiment le must de la région, celui qu’aucun traileur du Nord Pas de Calais ne voudrait rater. Cette année était un très bon cru avec une météo hyper clémente (presque trop chaude même), un sol gras mais pas trop collant (ça aurait été mille fois pire si la course avait eu lieu une semaine avant), une organisation compliquée (bus pour atteindre le départ et bus aussi après l’arrivée) mais très bien rodée, et un publique très sympa et même carrément enthousiaste à l’arrivée.

Le parcours ressemblait pas mal à celui de l’année précédente (ce trail est organisé une année par le Jogging Cross de Bully et l’autre par Jog’Ablain) mais il m’a semblé que cela se passait plutôt dans l’autre sens. Comme le parcours est super bien balisé et qu’il y beaucoup de signaleurs aux carrefours, mon sens de la navigation aura été largement inutilisé cette fois ci encore.

J’ai l’impression que c’est la première fois que je coure aussi vite sur ce type de distance. L’an passé l’ambiance était plutôt « ultra » pour moi avec pas mal de marche à pied et des belles rencontres, tandis que cette année c’était plutôt du genre PB au Marathon quand chaque collègue traileur se transforme en concurrent à dépasser coûte que coûte. J’ai un peu honte de moi dans cette affaire mais si la compétition a pris le dessus cette foi ci, j’espère bien que je retrouverais prochainement l’esprit « ultra » que j’aime bien, celui où les concurrents se transforment en partenaires de galère.

Ce compte rendu va donc être marqué par le sport et la compétition. Je crois que c’est la première fois que j’écris ce genre de prose et j’espère que ça ne va pas trop vous barber (trail des poilus oblige). C’est cela dit le genre de Race Report que l’on trouve souvent dans Ultra Tales et j’avoue trouver pas mal de plaisir à leur lecture. Pour cette course l’année précédente et un compte rendu moins « sportif », voir aussi Trail des Poilus 2013 ici même.

Bon, donc cette course a commencé sur les chapeau de roue, je ne vais pas dire que j’étais dans le groupe de tête mais ça filait à pas loin de 12 km/h autour de moi. J’essayais alors de rester en contact avec Manu, un copain qui prépare le prochain UTMB. Ça n’a pas duré très longtemps et ce démarrage endiablé s’est soldé par une crampe au mollet, énorme et très douloureuse, avant même le cinquième kilomètre. Elle est partie toute seule heureusement assez vite mais mon rythme s’est pas mal ralenti pendant plusieurs kilomètres. J’ai eu l’impression de me faire doubler par des centaines de gars et de filles pendant mon petit coup de mou et je n’ai recommencé à reprendre du poil de la bête que peu avant le premier ravito (un peu avant le 20° kilomètre ?) où je ne suis resté que le temps de remplir ma poche à eau avant de repartir.

Après ce premier ravito j’ai « décidé » que ne me ferait plus doubler et donc de me mettre à doubler à mon tour. Au pointage post ravito, j’étais 253°. J’ai continué sur cette lancée et au pointage suivant j’étais 182° pour finir 155° en 6h51 (et non pas 7h51 comme j’avais écrit par erreur, merci Vincent pour l’info). Sur la fin de la course j’avais l’impression d’avoir des ailes. Pour beaucoup les montées et descentes dans un petit bois alors que l’arrivée était toute proche (à vol d’oiseau je veux dire) étaient un calvaire qui aurait du être abrégé plus rapidement (brève dans le bus du retour : « ils ont mis ça pour avoir du dénivelé pour le point UTMB… »), c’était pour moi une grande joie de conserver autant de pêche après plus de 6 heures de courses et j’aurais vraiment bien aimé que cela dure un peu plus longtemps.

Pour doubler j’ai mis au point plusieurs techniques, regarder mes pieds et me concentrer sur le geste pendant les montées très dures, redémarrer en course dès que le dur d’une montée à marcher est passé et enfin courir quand c’est possible même si tout le monde marche.

Pour l’arrivée, il y avait une ambiance phénoménale dans la dernier raidillon (ou devrais-je dire « mur de boue ») avant Lorette. Un petit plaisantin m’a dit, alors que je tirais la langue comme tout le monde à cet endroit, « dépêche toi, il y en a un qui essaie de te gratter » et j’ai alors tout donné pour ne pas me faire doubler (faut-y pas ete con). Les applaudissements et encouragements n’ont alors pas manqué et j’ai été assez surpris de finir sans personne en vue derrière moi sur la ligne d’arrivée.

Mon résultat me convient bien : 155° sur 459 arrivant, cela me met au début du deuxième tiers des arrivés et c’est très bien pour un vieux briscard comme moi qui n’en demande pas beaucoup plus au niveau « performance ». Cela écrit, quand j’ai vu que cela ne faisait une vitesse moyenne que de 7.2km/h, je me dit que, même à mon petit niveau, il y a moyen de faire beaucoup mieux sur ce type d’épreuve.

Préparation.

Je n’ai pas fait de vraie trêve hivernale cette année et j’ai par exemple couru 2 fois environ 45 kilomètres lors de mes sorties longues du dimanche matin. La semaine précédente, j’avais couru le trail des Jonquilles sans en tirer l’impression d’être particulièrement en forme, au contraire même. Je partais quand même assez motivé pour me donner au maximum sur ce trail des poilus.

Alimentation.

Des pâtes de fruit et des barres d’amandes au glucose (environ 1 par heure) pendant la course. Pas de glucose ni de sel électrolyte dans ma flotte. J’aurais préféré trouver une recette plus paléo pendant la course mais je ne me suis pas cassé la tête.

En parlant de régime paléo, je n’ai pas été très strict pendant les mois de janvier et févier et je n’arrive pas à descendre en dessous de 78 kilos alors que j’avais réussi à passer plusieurs mois entre 74 et 75 kilos en 2013.

Matos.

  • Brooks Cascadia 8.Aucun problème, pas d’ampoules, juste la crainte de les perdre dans certains passages de boue collante. J’ai pris le temps de resserrer mes lacets pour éviter une mauvaise surprise. Manu m’a appris que les petits trous sous la semelle étaient là pour évacuer l’eau. Vu le trail des jonquilles, je doute de leur efficacité (ils ont disparu sur les Cascadia 9). Il m’a aussi dit qu’il changeait ses pompes au bout de 300 à 400 kilomètres alors que les miennes, après 250km m’ont l’air encore presque neuves.
  • Cuissard Skin A200. Toujours aussi bien même si j’ai l’impression qu’avec le temps la compression s’estompe un peu.
  • Sac d’hydratation Salomon Skin Pro 10+3. J’ai appris à bien resserrer l’élastique du haut pour éviter que les bretelles ne tombent sur les épaules. Pratique pour ranger ma veste rapidement devenue bien trop chaude. J’ai un peu manqué d’eau sur la fin, j’aurais du prendre le temps de remplir la poche à eau au 2° ravito.
  • En cadeau, une superbe veste du genre soft shell avec des inscriptions publicitaires qui me vont bien : Off course, la région NPDC et pas AREVA ou EDF.

Liens

Plein de liens sur cette belle journée à la fin du CR de dd2012.

 

 

 

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