CR Ultra Tour de Liège 2013 – 65.5km – 1795 D+

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Liège est une ville bien plus charmante que ce que j’avais gardé comme souvenir d’une visite d’il y a plus de 15 ans pour aller voir une expo de Jacques Lizène, le petit maitre liégeois. Le passé médiéval de la ville est présent à tous les coins de rue. C’est très animé.

Préparation et avant la course

Après une sortie en mode digitigrade le dimanche précédent suivie de quelques tours sur la montagne de Wervicq le lundi,  j’ai passé la semaine en ayant mal aux mollets. La veille de la course,  après deux ou trois heures de balade dans le vieux Liège,  la douleur s’est concentrée dans le haut de mon mollet gauche. Je me suis demandé si c’était bien raisonnable de partir pour probablement 9 heures de crapahutage sur les collines qui entourent Liège. Bon comme je suis sur place, c’est un peu trop tard pour les atermoiements. Je décide de partir doucement pour laisser à mes mollets, raide comme du bois, le temps de s’échauffer.

Pour me faire plaisir et parce que j’aime vraiment les pâtes,  j’ai fait, la veille,  une grosse entorse au régime paléo dans un petit resto Italien avec un carpaccio de veau en entrée (sans pain quand même) et de délicieuses linguines au légumes pour finir.  De toute façon,  même dans le régime paléo, les glucides sont autorisés pendant les compétitions (plutôt pendant et après qu’avant mais bon…).

Ce régime paléo me convient très bien. C’est la première foi de ma vie que je suis un régime et c’est assez marrant de se poser plein de questions autour de l’alimentation.  Je traque les conservateurs sur les emballages, j’ai l’impression de manger beaucoup plus sainement qu’avant avec toutes les salades et les légumes.  Le seul problème que je rencontre est au niveau gastrique. Je passe constamment de la contispation a la tourista et maintenant je chie tout rouge. J’espère que ça va passer.

Le jour de la course et le parcours,

Comme prévu je démarre doucement et je profite du sublime paysage de ce trail beaucoup plus sauvage qu’urbain contrairement à ce à quoi je m’attendais. Assez rapidement on se retrouve dans  des paysages incroyable avec par exemple une petite vallée moussue digne de la forêt de Brocéliande. Le dénivelé est quasiment permanent avec beaucoup de long faux plats (évidemment plutôt montant d’après mes souvenirs). Les points de vue sur Liège et la vallée de la Meuse sont très variés, on se tape même un ou deux terrils durant la journée. Du point de vue parcours, c’est vraiment un trail d’envergure.

Bjorn.

J’ai rencontré Bjorn aux alentours du 25° kilomètre. C’est un pompier Flamand qui coure son premier ultra. Il ne parle pas très bien français mais le feeling est bon et je me dit qu’il pourrait bien faire un bon compagnon pour le marathon qui nous reste à courir. Je n’ai pas été déçu. Il a été assez surpris que je l’attende lorsqu’il a eu un petit coup de « moins bien » à cause de son genou qui lui faisait mal dans les descentes mais je lui ai expliqué que ce n’était pas un problème pour moi et que dans un ultra on avait bien le temps d’attendre un peu.

Ces petites attentes, je les ai regagné largement par la suite car je suis sur que j’aurais été tenté par plus de marche après le 50° kilomètre. Lui au contraire, était très surpris que l’on marche autant dans une course alors que mon impression est que je n’ai jamais autant couru dans un ultra. On avalait les montées et les longs faux plats sans faiblir. Un vrai régal de sentir la force avec soi.

On s’est bien amusé aussi, par exemple en coupant les lacets d’une longue montée en passant par des raccourcis à la limite de l’impraticable. Pas sur que ça ait été plus économique au niveau énergétique mais plus marrant pour notre toute petite équipe.

A l’approche de l’arrivée (presque 2 kilomètres plus tôt que prévu), je ne l’ai pas cru quand il m’a dit qu’il apercevait sa voiture. Je m’attendais vraiment à ce que la distance parcourue soit supérieure à la distance annoncée (comme par exemple un mois avant lors de la course des terrils) mais il avait raison et son humour n’y était pour rien, on était bien arrivée. En 8h34, un peu avant la moitié des finishers,

Cette rencontre était vraiment très belle. Peu de discussions et d’échanges verbaux mais beaucoup de camaraderie et de connivence. Pas besoin de se parler pour se comprendre sur un trail. Tout ce que j’adore.

Nous avons franchi la ligne d’arrivée ensemble, avons partagé une bière et il a du partir assez vite car il reprenait du service pour les pompiers dans la soirée, très courageux et un peu inconscient le gars. Je lui ai souhaité de n’avoir pas à monter la grande échelle ce soir là car il allait sans doute avoir du mal.

Mes pensées du jour.

Comme la discussion était assez réduite avec Bjorn, j’ai eu pas mal de temps pour gamberger pendant la journée et ça aussi c’était bien.

J’ai compris pourquoi j’aimais courir les ultra. C’est parce que c’est n’importe quoi. Il n’y a rien à gagner, c’est absolument inutile et vain et c’est ça que j’aime. En fait plus c’est n’importe quoi, plus ça me plait. C’est aussi pour ça que je me suis mis au régime paléo et que je porte mon chapeau thaïlandais parfaitement ridicule.

J’ai aussi eu le temps de faire des délires. J’en avais déjà fait du même genre mais je n’avais pas eu le temps de noter pendant la course qu’il faudrait absolument que je les recrache dans mon compte rendu d’après la course. En fait mon rêve récurrent est que c’est vraiment n’importe quoi cette affaire et qu’il est temps que ça cesse. Je vais m’arrêter au bord du chemin et m’endormir sur un tapis de mousse. Je vais me retrouver dans un hamac au soleil avec un verre d’une caïpirinha bien corsée dans la main. A que la vie est douce douce…

Le public.

Le public sur le trail était vraiment très sympa. Comme je portais mon chapeau thaïlandais, j’ai pu vérifier le sens aigu de la répartie que peuvent avoir les belges. Certains m’ont comparé à un apiculteur (génial, ça m’a renvoyé à feu mon grand père à la fois apiculteur et un peu excentrique…), beaucoup ont trouvé gentiment bizarre de porter un chapeau de soleil  en octobre et la palme provient d’une grand mère qui a dit un truc du genre « eh ben y’a même du folklore ». A la fin un traileur a fait un parallèle avec l’accoutrement du Fère Tuck, un compagnon que j’ai eu le plaisir de retrouver après le off de la Grande Alliance et aussi le trail des poilus, et c’est vrai que c’est un peu mon mentor dans ce choix de couvre chef.

Alimentation / régime paléo en ultra trail.

Le matin je m’étais pris 2 œufs durs et une pomme à l’hôtel, pendant la journée j’ai carburé à l’eau claire avec des pâtes de fruit (des Gerblé, moins bonnes et plus difficiles à ouvrir que les Gayelord Hauser) et des pâtes d’amende (des Gerblé aussi, très bien). Comme je n’en avais pas prévu assez (prévoir un truc toutes les demi heures la prochaine foi) j’ai fini avec des gels que j’avais emporté et qui me restaient d’avant ma découverte du régime paléo.

Aux ravito au lieu de continuer avec ma technique du chameau (expérimentée lors du 100km de la race to the stones, il s’agit de boire un maximum de flotte en un minimum de temps), j’ai décide de ne rien boire (sauf une bière et un verre de vin lors du dernier ravito) et de remplir ma poche à eau pendant le même temps.

Pas de GU Brew dans ma flotte, et pas une crampe, contrairement à ce que j’imaginais. La théorie paléo que le sel n’est pas nécessaire en supplément pendant les courses (sauf si elles sont vraiment vraiment longues) pourrait bien être juste (en tout cas dans des conditions automnale / hivernale où on transpire moins)..

Pour la flotte j’étais aussi parti avec une bouteille de 50cl d’eau de Vichy Célestins. « Indispensable » pour lutter contre l’acidose métabolique de la fin de course. Peut-être plus placebo qu’autre chose mais en tout cas je m’y accroche.

Une autre astuce mise en œuvre avec succès est de s’arrêter le moins longtemps possible aux ravitos. Quand on s’arrête trop, les jambes grossissent, le corps croie que c’est fini et il est plus difficile de repartir. Beaucoup plus facile à mettre en œuvre que ce à quoi je m’attendais…

Le dernier point soigné dans l’esprit du régime paléo est de bien se nourrir après l’arrivée. Je me suis gavé avec un des gels qui me restaient, 2 ou 3 bières et une razzia sur le superbe buffet très paléo (viande crue, œufs durs, salade, tomates…) offert par l’organisation. Je crois que cette phase d’alimentation juste après la course m’a bien aidé, je n’ai pas eu de mal à m’endormir et j’ai l’impression d’avoir eu beaucoup moins de courbatures le lendemain de la course.

 

L’organisation.

Irréprochable et très bien organisées. Des ravitos très bien fourni (bière et pinard au dernier) et assez espacés pour que l’on puisse parler de quasi autonomie.

Des bénévoles très sympas et manifestement impliqués dans l’évènement. Beaucoup de Coureurs Célestes parmi eux, apparemment  présents pour le plaisir et pour que cela se passe bien pour les traileurs.

Le buffet final (dont j’ai déjà parlé) est ce que j’ai vu de mieux sur tous les trails que j’ai fait. Peut-être qu’il y a des paléo chez les célestes ?

Matos.

Encore une fois, aucune ampoule avec mes Brooks Cascadia 8. Vraiment des bonnes pompes. Pas très adhérentes sur les pavés moussus de certains escaliers mais je ne crois pas que des pompes adhérentes sur ce support existent. A aucun moment je n’ai eu l’impression de risquer de me croquer le pied, la précision de ces pompes est ahurissante (bon j’exagère…).

Locus. L’application Locus nous a évité de jardiner à un moment où nous avions perdu la trace dans un bois mais je n’ai pas réussi à activer le mode guidage. Je ne sais pas ce qui cloche.

Mon sac Salomon Skin Pro est vraiment bien. Il ne ballote pas du tout. Il faut penser à resserrer toutes les sangles (les élastiques qui relient les bretelles et les sangles qui règlent la hauteur des bretelles) pour que les bretelles n’aient pas tendance à glisser le long des épaules. Le tuyau a tendance à glisser et il faut sans cesse tirer dessus pour le remettre en place avant de boire. Un autre truc désagréable est que ce tuyau frotte contre le bras droit. Il est super je vous le dit, sauf que le gout de la flotte est assez désagréable, même après avoir utilisé de l’eau de javel pour le désinfecter avant la course.

Liens.

  • Le site officiel de l’organisation de l’ultra tour de lièges.
  • Des liens vers des photos sur le forum des coureurs célestes. Merci au capitaine pour ces photos. Ce sont elles que j’ai utilisé pour illustrer cet article.

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